Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ Veillez sur vous, veillez ; la défaite est cruelle : Si vous saviez, hélas ! ce qu’en un cœur rebelle Enfantent de tourments les transports sans espoir, Les rêves sans objet et des regrets au soir ! Oh ! point d’étude alors qui charme et qui console, Arrosant d’un parfum chaque jour qui s’envole ; Point d’avenir alors, ni d’oubli : l’on est seul, Seul en son souvenir comme en un froid linceul. L’âme bientôt se fond, et déborde, et s’écoule, Pareille au raisin mûr que le vendangeur foule ; On s’incline au soleil, on jaunit sous ses feux, Et chaque heure en fuyant argente nos cheveux. ”
