Ernest Serret

Résumé

Ernest Serret Les heures perdues (1866)

Ce n'est point assez, pour la paix d'un ménage, Que le rapport du bien sans le rapport de l'âge, Que le rapport du rang sans le rapport du cœur, Et c'est une harmonie enfin que le bonheur.
Dans les bras d'un vieillard mettre une jeune fille, C'est à la nuit obscure unir le jour qui brille, Le printemps à l'hiver, et la vie à la mort; C'est livrer une fleur au vent glacé du nord ; C'est troubler à plaisir une claire fontaine ; C'est planter un rosier à l'ombre d'un grand chêne Qui, pour le protéger, s'étendant à l'entour, Prive le pauvre arbuste et de l'air et du jour.
Source : Gallica

Ernest Serret Les heures perdues (1866)

C'est bien de sentir vivement, C'est bien d'ouvrir son âme à toute poésie, C'est bien de savourer, ainsi qu'une ambroisie, Ce qui semble nouveau, grandiose, charmant.
Mais goûtez ces douceurs, sans les tenir secrètes.
C'est votre mission, à vous autres poëtes, De révéler le beau, de le produire aux yeux, Et de rendre éclatant l'attrait mystérieux.
En passant par vos vers la nature est plus belle.
La fleur que vous chantez se change en immortelle
Le sentiment caché, qui naît et meurt soudain, Durera plus par vous que me dure l'airain.
Le temps peut d'un ruisseau dessécher l'onde pure
Source : Gallica

Ernest Serret Les heures perdues (1866)

DÉSÉTANGS.
Ta sœur l'eût épousé.
CAMILLE.
Ma sœur n'aimait personne.
ANTOINETTE.
La raison parle en vain, quand le cœur déraisonne.
DÉSÉTANGS.
Je combattrai son cœur et j'en triompherai.
Il sera ton mari sous huit jours.
CAMILLE.
J'en mourrai.
DÉSÉTANGS.
Ceux qui meurent d'amour se portent à merveille.
Mais c'est trop discuter sur matière pareille.
Si vous n'êtes pas prête à m'obéir demain, Et vous n'avez pas l'air d'en prendre le chemin, Je vous enverrai, moi, près de ma sœur l'abbesse, Expier votre folle et coupable tendresse, Et tàter du couvent pour votre plus grand bien.
Source : Gallica

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