“ En toi je suis, & tu es dedans moi : En moi tu vis, & je vis dedans toi : Ainsi nos touts ne font qu'un petit monde. ”
Citations sur “tu”
André Lavier, Premières rêveries champêtres, par André Lavier (1858)
“ Crois-tu réformer les travers De ce monde qui te rejette ? Crois-moi, mon pauvre ami, crois-moi, Chasse les Muses de chez toi. Tes travaux, fruits de longues veilles, Ne rencontreront ici-bas Que des railleurs ou des ingrats, Ou plutôt de sourdes oreilles ; Crois-moi, mon pauvre ami, crois-moi, Chasse les Muses de chez toi. Pénétré d'un amour immense, Rêves-tu le règne du bien ? Mais ta parole ne peut rien, Et l'on rira de ta croyance : Crois-moi, mon pauvre ami, crois-moi, Chasse les Muses de chez toi. ”
“ Peut-être regretteras-tu ton monde à toi, ton monde idéal que tu créais pour toi, que tu peuplais pour toi ; ton monde où tu étais souveraine, où, évoquant vingt avenirs, tu pouvais, insouciante et capricieuse, les effacer d’un souffle. ”
Marguerite Audoux,
Douce Lumière
“ — Comme c’est bête de ne plus être le petit garçon et la petite fille qui se disaient « tu » ! ”
Manon Roland,
Lettres de Madame Roland de 1780 à 1793
“ Il est vif... Je vous le dis dans la sincérité de mon cœur... J’ai assisté hier à l’ouverture de la lettre que vous lui avez adressée, et nous nous sommes embrassés à votre intention avec toute la vivacité de nos attachements mutuels. Les larmes se sont fait sentir sur ma paupière et je me suis dit : Tout l’univers ne m’abandonne donc pas dans mon malheur ! ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Si les figures d’hommes agissants s’éveillaient et vivaient dans ton âme ; si une flamme sympathique échauffait ton sein ; si l’émotion qui vient du cœur se répandait sur toute ta personne, alors les inflexions de ta voix, les paroles de tes lèvres charmeraient les auditeurs. Si tu te sentais toi-même, tu chercherais sans doute le lieu et l’occasion de te sentir dans les autres. ”
George Sand,
La Comtesse de Rudolstadt
“ « Dans le doute, agis, lorsque tu ne compromets que toi-même, et que tu peux espérer être utile à ton ami, à ton semblable. ”
Louise Labé,
Œuvres de Louise Labé, édition Boy…
“ Tu es tout seul tout mon mal et mon bien : Avec toy tout, et sans toy je n’ay rien, et voici l’histoire qu’il nous raconte ; ”
Jacques Turbin, A l'oreille : poésies... (1899)
“ Oses-tu bien prétendre, infime, Rassasier la chaste ardeur De cet être pur, gouffre et cime De passion et de pudeur? — L'Unique, vers qui vont sans trêve Mes désirs d'esprit et de chair, Comme les vagues à la grève, Comme les fleuves à la mer, L'Unique, souriante, exige Que l'adorateur soit l'amant; Elle accomplira ce prodige D'être mienne parfaitement, Tout entière! L'humble poète Aura ce sort d'être à la fois Et le vainqueur et la conquête De cette fée aux douces lois. Il sera le prêtre et l'idole, L'astre et l'oeil inondé de jour, Le front dévot et l'auréole, De l'Unique l'unique amour. ”
Jacques Turbin, A l'oreille : poésies... (1899)
“ Et je veux être, ma chérie, A vous, bien à vous, tout à vous. REPENTIR Tout ce que j'ai de pur au fond de la pensée, Tout ce que j'ai de tendre et de fort dans le coeur, Toute ma poésie et toute ma vigueur, L'essence de ma vie en amour condensée, Et le remords aussi de t'avoir offensée, Et mon orgueil vaincu par un destin railleur : Ce que je suis de pire, hélas! et de meilleur S'est fait ombre et te suit partout, ma fiancée! 26 A L' OREILLE Errant autour de toi sans jamais se poser, Ne sens-tu pas une aile effleurer et baiser Ta joue, et palpiter d'extase sur ta bouche? ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Vous êtes tout jeune, vous êtes méridional, vous êtes poète, cela s'explique. Eh bien! mon enfant, faites des vers, de beaux vers. Jetez votre coeur à pleines mains à votre compagne, à votre mère, à vos amis et à vos camarades. Mais, avec moi, si vous voulez que votre attachement vous profite, soyez plus calme, plus sérieux et plus patient; car j'ai une nature très concentrée, très froide extérieurement, très réfléchie et très silencieuse. Si vous ne me comprenez pas, je ne vous serai bonne à rien. ”
“ Tes fils se hâteront ; ceux qui te détruisaient et ceux qui te dévastaient sortiront d’avec toi. 18. Lève autour de toi tes yeux, et regarde : ils se rassemblent tous, ils viennent vers toi. Je suis vivant, dit l’Éternel, que tu te revêtiras d’eux tous comme d’un ornement, et que tu t’en ceindras comme une fiancée. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1774)
“ 4 mai 1771 Que je suis aise d’être parti ! Ah ! mon ami, qu’est-ce que le cœur de l’homme ? Te quitter, toi que j’aime, toi dont j’étais inséparable ; te quitter et être content ! Mais je sais que tu me le pardonnes. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Julie ou la Nouvelle Héloïse
“ Venez, modèle unique des vrais amants, venez, couple aimable et fidèle, prendre possession d’un lieu fait pour servir d’asile à l’amour et à l’innocence ; venez y serrer, à la face du ciel et des hommes, le doux nœud qui vous unit ; venez honorer de l’exemple de vos vertus un pays où elles seront adorées, et des gens simples portés à les imiter. ”
Johann Gottlieb Fichte,
Destination de l'homme, de Fichte…
(1832)
“ Ce désir instinctif se manifeste à ta conscience; et cette même raison qui a fait que la force elle-même t'est apparue comme ta propre personne, te porte à voir dans le désir instinctif de cette force un sentiment qui t'est personnel. Tu l'appelles amour, sympathie; tu crois t'aimer toi-même, tu crois t'intéresser à les actes. ”
Ivan Tourgueniev,
Premier Amour
“ — Prends ce que tu peux, mais ne te laisse jamais prendre toi-même. S’appartenir, c’est là tout le « truc » de la vie, me dit-il un jour. ”
Adolphe Ribaux, Vers l'idéal : poésies, mirages… (1884)
“ LES vers! ah! si jamais ils ont gaîment chanté, Dans le bleu crépuscule ou l'aurore vermeille, Ainsi qu'un vol d'oiseaux légers, à mon oreille, Ami, c'est en ce jour où tu seras fêté ! Oh ! que ce jour soit doux, lumineux, enchanté, Que tout chagrin, pour toi, quelques heures sommeille, Et que, rosée ardente et pure et sans pareille, L'espérance vivace et la sérénité, 32 Vers l'Idéal. ”
Charles Cros,
Le Coffret de santal
“ Ce que je te suis te donne du doute ? Ma vie est à toi, si tu la veux, toute. Et loin que je sois maître de tes vœux, C’est toi qui conduis mon rêve où tu veux. Avec la beauté du ciel, en toi vibre Un rythme fatal ; car mon âme libre Passe de la joie aux âpres soucis Selon que le veut l’arc de tes sourcils. Que j’aye ton cœur ou que tu me l’ôtes, Je te bénirai dans des rimes hautes, Je me souviendrai qu’un jour je te plus Et que je n’ai rien à vouloir de plus. ”
Marcelle Tinayre,
La Maison du péché
“ Mon pauvre enfant, vos regards, votre langage, tout, jusqu’à cette inquiétude, jusqu’à ce désir que vous avez de savoir si cette femme partage vos croyances et vos sentiments... tout révèle l’amour... ”
Jacques Cazotte,
Le diable amoureux
“ « Que prétends-tu toi-même, téméraire, en te montrant sous cette forme hideuse ? ”
“ « Quel est ton tourment ? » La plénitude de l’amour du prochain, c’est simplement d’être capable de lui demander : « Quel est ton tourment ? ”
Sigismond de Justh,
Le Livre de la Pousta
“ M’as-tu demandé, toi, si je serais fidèle ? si je serais ton maître, ton seigneur ? Tu promets ton amour à quelqu’un qui ne t’a pas encore dit s’il voulait te gagner. Connais-tu la marche de mes pensées ? ”
Léon Tolstoï,
Anna Karénine
(1873-1877)
“ Supposons que tu sois marié, que tu aimes ta femme, et que tu te sois laissé entraîner par une autre femme. ”
Laurence Sterne,
Vie et opinions de Tristram Shandy
“ Je suis, sur ce point, d’une humeur si singulière, si délicate, si susceptible, que je déchirerois la page que je vais écrire, si vous pouviez seulement, monsieur, faire une conjecture probable sur ce que j’y dirai. Mais qu’ai-je à craindre ? Sais-je moi-même ce qui sortira de ma plume ? ”
Ivan Tourgueniev,
Dimitri Roudine
“ Ma mère supportait son malheur avec cette magnifique et fastueuse longanimité de la vertu dans laquelle respire tant d’orgueil et d’amour-propre. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ Et qu’avant ton départ, cher ami, le ciel m’accorde de te faire voir que personne, dans toute la patrie, ne te poursuit et ne te hait, ne t’opprime et ne te persécute secrètement ! Tu te trompes assurément, et, comme tu inventes souvent pour le plaisir des autres, tu inventes, hélas ! ”
Maurice Leblanc,
Victor, de la Brigade mondaine
“ Vous êtes faite de soumission et d’orgueil, forte devant les épreuves et désemparée devant l’ennui, devant la routine, les habitudes quotidiennes, la tristesse, la monotonie de la vie. Ainsi, tout en vous est contradiction, votre calme et votre ardeur, votre raison qui est saine et vos instincts qui sont violents, votre froideur et votre sensualité, vos désirs d’amour et votre volonté d’indépendance. ”
Émile Zola,
La Faute de l’abbé Mouret
“ -- Je sais, tu es mon amour, tu viens de ma chair, tu attends que je te prenne entre mes bras, pour que nous ne fassions plus qu'un... Je rêvais de toi. ”
“ Dis, que veux-tu de moi qui t’aime, ô mon souci ! Et comment retenir ton caprice de femme ? Prends mes anneaux... Prends mes colliers... Et prends aussi Ce que j’ai de plus rare et de plus beau : mon âme. ”
“ Mais, seigneur garçon, il y a sur tes épaules plus de plumes que de cervelle et tu as rêvé des sottises. ”
Léocadie Penquer,
Les chants du foyer
(1862)
“ Que son front, sous un diadème, Ferait courber le front des rois. Aime ! et bientôt, dans ton délire, Tu répéteras à ton tour, Avec un tendre et doux sourire : —Crois-moi : le bonheur, c'est l'amour ! ”
“ Maintenant que tout cela plonge dans le passé, il semble presque qu’à ces désirs tu te sois donné. Comme ils brillaient souviens-toi, dans les yeux qui te regardaient, comme ils tremblaient dans la voix, pour toi ; souviens-toi, corps. ”
George Sand,
La Comtesse de Rudolstadt
“ Nous avons parlé à ton esprit par la solitude à laquelle nous t’avons condamnée et par les livres que nous avons mis entre tes mains ; nous avons parlé à ton cœur par des paroles paternelles et des exhortations tour à tour sévères et tendres ; nous avons parlé à tes yeux par des épreuves plus douloureuses et d’un sens plus profond que celles des antiques mystères. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Quand vous le presserez sur votre sein dans ces langes colorés, pensez au bon jeune homme qui vous les donna, et qui, à l’avenir, donnera aussi à votre amie la nourriture et le vêtement. Et vous, homme excellent, ajouta-t-elle en se tournant vers le juge, soyez béni de m’avoir servi de père en mainte occasion. ”
Ernest Legouvé,
Soixante ans de souvenirs
“ Et c’est précisément pour cela que vous êtes frappé au cœur. Si vous croyez que la nature humaine soit toujours belle !... Demandez aux confesseurs. Vous êtes amoureux comme elle, autant qu’elle, plus qu’elle peut-être... ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ Le Tasse. Tu es toujours celle qui m’apparut, dès le premier moment, comme un ange sacré. Pardonne au regard troublé du mortel, s’il t’a méconnue quelques instants. Il te reconnaît ! Son âme s’ouvre tout entière pour t’adorer toi seule à jamais. Tout mon cœur se remplit de tendresse... ”
George Sand,
Les Maîtres sonneurs
(1853)
“ Elle a vécu avec elle, en elle, mêlée à elle. Elle a été, selon les époques et selon les âges, en camaraderie, en intimité ou en communion avec la nature. Elle pouvait dire d’elle : « In ea vivimus, movemur et sunius. » ”
Claude Vignon, Œuvres de Claude Vignon — Nouvelles
“ Et elle ajouta, avec un adorable accent de tendresse et de reconnaissance : — « Peut-être avais-je le pressentiment que je te rencontrerais, et que tu me ferais passer les plus belles heures de ma jeunesse..., de ma jeunesse bien vite finie. — « Elle commence ! — « Tu crois ? » ”
Angèle Marchand, Sur l'amour, étude : faits véridiques… (1896)
“ SUR L'AMOUR. 261 Pour accomplir ce vrai devoir. Comment, ma soeur, déjà levée? L'illusion n'est plus rêvée? Tu comprends la réalité ?... ... Acquiers de la capacité : Il faut te remettre à l'étude, Tout faire avec exactitude, Pense toujours que bien vouloir : Arriver au but c'est pouvoir... Ainsi parle la conscience, Qu'il nous faut écouter d'urgence. ”
“ — Sache alors, dit-elle, que moi aussi je suis prête à tout, que je ne regretterai rien ni personne. Ce que tu décideras sera fait. Moi aussi je suis à toi... ”
“ LETTRE Éloigné de vos yeux, Madame, par des soins Impérieux (j’en prends tous les dieux à témoins) , Je languis et je meurs, comme c’est ma coutume En pareil cas, et vais, le cœur plein d’amertume. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Aline et Valcour
“ Ô combien je les méprise ces conventions arbitraires, qui séparent aussi cruellement ce qu’a réuni la nature, je n’écoute à vos pieds que sa voix, elle me dit de vous adorer, j’y cède, et ne veux vivre que pour vous, ou mourir percé de vos traits. ”
Gustave Flaubert,
L'Éducation sentimentale
(1869)
“ Te rappelles-tu ? Et, exhumant leur jeunesse, à chaque phrase, ils se disaient : — Te rappelles-tu ? ”
Charles-Louis Philippe,
Bubu de Montparnasse
“ Tu contiens une grande part d’amour et de résignation et tu contiens encore plus que de la résignation. Tu nous mets en croix sur nos calvaires, tu nous montres nos plaies, tu chantes les remèdes et tu ris des maux, tu danses à cause de nous et tu nous fais croire que nos souffrances sont glorieuses. ”
Renée Vivien,
Du vert au violet
“ Ô Toi, l’éternelle Affligée, Tendresse déçue, Martyre d’amour, pourquoi te résigner dans une patience dégradante à l’ignominie et à la lâcheté de ce faux compagnon ? Le subis-tu par amour ou par crainte ? ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Ils s’intéressent, versent l’apaisement, reflètent ton âme. Mais tu projettes en vain tout ton cœur dans des mots ; ils frappent aux oreilles, frappent, redoublent, cognent comme pour les enfoncer... On n’ouvre pas. ”
E. Guillié, Au courant du jour. 1933. Poésies diverses (1933)
“ Supplice infernal dont, grâce à toi je me tire, Pour t'en remercier, trouver le mot pressant Traduisant ce qu'au fond de mon coeur je ressens. Tu mis, à me soigner, le tact, la patience, Disons le mot, l'amour que n'eut pas mis un ange ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Ô couronne sur ma tête, ô maître des perfections, Allah Très-Haut, auteur de la beauté qui te distingue, fera pour toi davantage par mon entremise, si tu y consens. Mon cœur, qui tremble pour toi, est attristé et se dissout d’amour comme la cire, car les flèches de tes regards l’ont percé, et le dard de l’amour l’a pénétré. Dis-moi donc, de grâce ! ”
“ Je ne te le demande plus, Que peut te faire le roi qui pleure parce qu’il est solitaire ? Il ne faut pas que tu troubles et que tu ternisses tes yeux clairs à fixer des vers et des pensées mélancoliques... Être comme toi ! ”
