Résumé

Claude Vignon Œuvres de Claude Vignon — Nouvelles

Une soirée, c’est peu de chose dans la vie..., et pourtant on peut y faire tenir bien du bonheur. »
Elle se rapprocha de moi, me prit les deux mains et resta debout sans rien dire, en m’enveloppant d’un regard profond. J’entendis les battements de son cœur.
— « Ah ! reprit-elle d’une voix émue, si le plus beau rêve du monde pouvait devenir une réalité !... que de joies infinies pour moi... et pour toi aussi... — Mais non ! me bercer d’un tel espoir serait insensé... Contentons-nous d’un jour..., d’une rencontre rapide..., d’un souper d’écoliers en vacances !... Oh ! ne me le gâte pas ? »
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Claude Vignon Œuvres de Claude Vignon — Nouvelles

Mais, lorsqu’elle fut à une distance d’où elle put voir sans être vue et découvrir d’un même regard la promenade et la ville, la comtesse osa jeter les yeux vers la terrasse.
L’ombre des chênes verts était bien épaisse... Les promeneurs étaient nombreux. Elle ne vit rien qu’un banc vide ; et son cœur battit pourtant.
Elle s’accouda sur l’un des appuis de la tente, vers la poupe, tira de son carnet les vers qui enveloppaient sa fleur de laurier encore fraîche, et se mit à relire le sonnet et à contempler la fleur en envoyant vers la rive les plus ardents regrets.
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Claude Vignon Œuvres de Claude Vignon — Nouvelles

Après s’être traduit par de l’anéantissement, le désespoir de la comtesse de Morelay se traduisit par des sanglots. Mais la nature humaine ne supporte qu’une certaine dose de douleur aiguë. Il vint un moment où la pauvre femme ne trouva plus, dans son cœur ni dans sa tête, qu’une fatigue cruelle, qui dominait tout. Elle s’endormit dans son fauteuil, s’agitant péniblement entre la réalité et le rêve, les remords et le cauchemar.
On l’éveilla quelques heures après, pour lui annoncer que le voiturier qui devait la conduire aux bains de Lucques attendait.
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