Résumé

Claude Vignon Un drame en province — La Statue d’Apollon

La nature entière dormait, et le clapotement des rames sur la mer, le saut d’un dauphin au devant de la proue, rappelaient seuls le mouvement et la vie.
La comtesse, dans un accablement impossible à décrire, demeurait à la poupe du bateau, les yeux fermés, les bras pendants ; Pietro ramait, en la regardant d’un singulier regard, en même temps naïf et rusé, timide et triomphant...
Ils touchèrent le rivage sans bruit... Mme de Morelay courut vers l’hôtel de l’Europe, dont la porte était mystérieusement entr’ouverte... Une petite lampe éclairait à peine le vaste escalier de marbre.
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Claude Vignon Un drame en province — La Statue d’Apollon

Le comte et la comtesse se laissent aller à ce charme délicieux, qui règne dans toute la nature et fait si bien comprendre le dolce far niente des peuples aimés du soleil.
M. et Mme de Morelay ne sont point des amants qui font l’école buissonnière, ni de jeunes époux qui promènent, en Italie, le premier quartier de leur lune de miel. Ils ont, l’un et l’autre, passé les plus belles années de la jeunesse et les printanières ivresses de l’amour. Le comte a quarante ans sonnés ; la comtesse a bien trente ans, quoiqu’elle soit, en ce moment, resplendissante de fraîcheur et de beauté.
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Claude Vignon Un drame en province — La Statue d’Apollon

La marquise, dont les yeux ouverts et perçants cherchaient à lire sur le visage de son mari au travers des rideaux de mousseline, qui, l’oreille tendue, analysait les plus légères inflexions de sa voix, se tourna comme une personne accablée, dont le demi-sommeil vient d’être troublé, et murmura quelque chose que l’on n’entendit point.
— Chut ! monsieur le marquis, fit le docteur Lambert avec autorité. N’agitez pas la malade. — Vous savez qu’il faut, avant tout, éviter la fièvre ? En ce moment, ajouta-t-il plus bas, c’est la question : « être ou n’être pas. »
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