Résumé

Claude Vignon Le Mariage d'un sous-préfet. La Statue d'Apollon… (1884)

Madame Contadini se jeta sur sa fille, l'entoura de ses bras : « Laure ! pauvre créature ! »
– Quoi ! mère ! je ne te fais pas horreur ? tu m'aimes encore ?
Et la mère, en pressant la malheureuse enfant sur son coeur, disait :
– C'est moi qui suis coupable ! moi, qui ai vu cinq ans cet homme et qui n'ai pas compris que c'était une brute ! Ah ! le brigand ! il nous a brisées, déshonorées, volées aussi peut-être... Mais contiens-toi, cache ton état... et... attends ! je te sauverai... autant que tu peux encore être sauvée... je ne sais pas comment... Mais je sais que je suis ta mère...
Source : Gallica

Claude Vignon Le Mariage d'un sous-préfet. La Statue d'Apollon… (1884)

Laure se rétablit promptement ; mais Lucie restait en proie à des malaises continuels, à une anémie dont ne triomphaient ni les soins de sa mère et de sa soeur, ni le soleil du Midi.
Pourtant c'était à elle encore qu'incombait, au retour, la plus lourde part de la tâche.
Elle avait donc besoin de toute son énergie pour la lutte. Madame Contadini le sentait bien. Aussi prolongeait-elle autant que possible le séjour dans cette villa perdue où nul bruit du dehors ne venait agiter la malade ; où régnait, pour ainsi dire, sous l'ombre des pins, comme une sorte de demi-sommeil.
Source : Gallica

Claude Vignon Le Mariage d'un sous-préfet. La Statue d'Apollon… (1884)

Laure, au contraire, bien qu'écrasée sous le poids de son malheur, ressentait comme une sorte d'accalmie dans les angoisses dont elle était bourrelée depuis près de trois mois. L'aveu soulage toutes les consciences et puisque enfin l'horrible
secret était connu, c'était à sa mère, à sa soeur, de se faire ses juges et de disposer d'elle. Quel que fût leur arrêt, elle devait le subir. Elle pleu rait pourtant d'interminables larmes ; mais c'était sur l'irréparable écroulement du bonheur de Lucie.
Madame Carvejol avait une fièvre cérébrale.
Source : Gallica

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