Mme E. Thuret

Résumé

Mme E. Thuret La guerre au château (1879)

En vérité, Madeleine, tu es par trop naïve ; tu crois donc que chacun, dans le monde, est ce qu'il paraît être ?
– Non... je sais bien... Mais tu as l'air de tant l'aimer.
– Mais certainement j'en ai l'air, puisqu'il le faut. Cela ne m'empêche pas, au fond, de penser ce que je veux. Et je pense qu'il faut que toi aussi, Madeleine, tu aies l'air de l'aimer. Mon frère dit bien : « Béyanes est le royaume de Charlotte ; elle en est la reine ; » son mari est son premier serviteur, et j'ai besoin de ce serviteur-là.
– Mais, Herbert, tu sais qu'il m'est impossible de feindre. Grand Dieu !
Source : Gallica

Mme E. Thuret La guerre au château (1879)

De grâce, Herbert, un moment de trêve. Parlons de votre charmante femme. Nous en disions, tout à l'heure, merveilles.
– Et ma toujours belle cousine aussi ?
– Que ce toujours est impertinent, répliqua vivement Mlle Jude ; appelez-moi donc, tout de suite, votre éternelle cousine.
– Quel esprit toujours prêt à la bataille.
– Ah ! gardez-vous d'en médire, mon séduisant cousin ; cet esprit est aussi le vôtre ; c'est celui de la famille. Tenez, croyez-moi, suivez le conseil de Charlotte, faisons la paix ; sans cela, j'aurai trop beau jeu. Je suis seule ; je n'ai que moi à défendre.
Source : Gallica

Mme E. Thuret La guerre au château (1879)

J'aimerai ma soeur, j'aimerai Jude, j'aimerai tout ce que tu voudras que j'aime, et toi, toi, ajouta-t-elle en appuyant ses lèvres sur son front, je t'aimerai plus que tout, tout au monde.
Herbert baisa ses beaux yeux en larmes.
– Voyons, mon ange, calme-toi, lui dit-il avec tendresse, il faut bien que tu saches entendre la vérité, la raison, et que tu voies les choses comme elles sont, sans cela.
– Et ton frère ? interrompit la jeune femme avec
l'air craintif d'un enfant qui risque une question indiscrète.
Source : Gallica

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