René Delorme

Résumé

René Delorme J'ai tué ma femme (1880)

J'aime Mlle Lucie; je lui ai demandé si elle voulait de moi; elle m'a refusé, et je suis triste, dame !
— Voyons, mon enfant, dit le comte, as-tu bien réfléchi? Le Bilec est un brave homme, un vaillant marin. Sa demande est honorable. Il ne faut pas prendre une résolution à la légère. Il t'aime.
— Oh ! oui, dame, fit le pilote.
— L'amour d'un homme de cœur est une chose précieuse et qu'il ne faut pas dédaigner.
Lucie regarda le comte tristement.
— J'estime infiniment Le Bilec, répondit-elle. Je sais que toutes les filles de ce pays seraient fières de l'avoir pour mari.
Source : Gallica

René Delorme J'ai tué ma femme (1880)

Cette circonstance, M. de Kersac était bien décidé à l'attendre. Il aimait la comtesse comme il pouvait aimer, avec un cœur plus accessible au caprice qu'à la passion profonde. Mais jamais, chez lui, caprice n'avait autant ressemblé à l'amour que celui que lui inspirait Olga de Feutray.
Comme la valse finissait, M. de Kersac reconduisit sa danseuse à la place qu'elle lui indiqua ; il eut soin, chemin faisant, de lui faire entendre qu'il était fier de
l'amitié du comte et de la comtesse de Feutray, et qu'il n'avait rien tant à cœur que de la mériter par sa sincérité et par son dévouement.
Source : Gallica

René Delorme J'ai tué ma femme (1880)

Elles sont longues, en effet, les journées que l'on passe dans un pays qui offre peu de ressources et peu de distractions, quand on n'a pas pour occuper sa pensée l'amour absorbant qui accapare l'âme en la charmant.
A voir le comte et la comtesse pendant leur voyage, on ne se serait jamais douté qu'ils étaient mariés de la veille. Si l'attitude de Jean était ce qu'elle devait être, empressée, prévenante, câline, Olga, au contraire, était taciturne, presque ennuyée. Elle réprimait d'un regard ou d'un geste les élans de son mari, désarmait sa bonne humeur, glaçait son expansion.
Source : Gallica

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