Anna Geiger

Résumé

Anna Geiger Souvenirs de femme (1876)

Olga qui causait avec son père, voyez quels yeux ! Je n'ai jamais vu aucune femme avec ce regard-là ! Il y a de tout dans ces yeux candeur, poésie, aspirations vers l'idéal, pensée profonde, tendresse, énergie. Mais, pour moi, ce qui y domine, c'est la soif d'aimer.
Le prince ne répondit rien. Il observait toujours Olga.
En ce moment la comtesse N. entra avec Hilda.
— Voilà l'autre sœur, fit tout bas la princesse ; n'est-ce pas qu'elle est belle aussi ?
Le prince resta comme ébloui.
— Celle-ci, dit-il, c'est la passion et c'est la beauté. Elle aimera et elle sera aimée. Mai l'autre !
Source : Gallica

Anna Geiger Souvenirs de femme (1876)

Pauvre Raoul, il avait rencontré sur sa route le dévouement d'un ange, et ce dévouement, la grandeur même de son amour lui faisait un devoir sacré de ne pas l'accepter.
Un mot de lui, et Julia consentait à tout.
La médiocrité, la gêne, un avenir précaire, que lui importaient toutes ces luttes, si Raoul était à elle ! Elle eût passé sans regret sa jeunesse à ses côtés dans les tourments d'une longue et douloureuse maladie.
Mais ce mot, M. Karnac ne devait pas le dire.
La femme qui aime ne calcule pas la grandeur d'un sacrifice ; c'est à l'homme aimé à y songer, si cet homme a du cœur.
Source : Gallica

Anna Geiger Souvenirs de femme (1876)

Quand elle vit Mme de Nerly bien engagée dans la conversation, elle sortit sans bruit du salon et alla s'asseoir sur la terrasse, dans l'angle le plus obscur, là où elle se mettait si souvent pour voir arriver de loin M. Karnac.
La nuit était noire. Pas une étoile ne brillait au ciel. Tout était noir aussi dans la pensée de Julia, tout était noir dans son cœur. Il lui semblait que le monde extérieur était l'image de sa propre vie, et que dans cette vie tout était mort et solitude. Pas un rayon de lumière là-haut ; pas une lueur d'espérance dans son âme troublée !
Source : Gallica

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