Félix de Jousselin

Résumé

Félix de Jousselin Le roman de l'ouvrière (1866)

Tandis que Rose travaille des journées entières, que l'aiguille fait éclore sous ses doigts des buissons de fleurs, sa pensée a des ailes pour s'enfuir au loin. La fenêtre entr'ouverte laisse voir sa gracieuse personne qui a fait songer déjà plus d'un cœur masculin. En face est un bel étudiant à moustache blonde, au front élevé, intelligent, à la bouche railleuse, à l'air tapageur : il sait Rose depuis le bout de son pied mignon jusqu'à la boucle qui s'échappe de ses cheveux et qui fait ombre sur sa joue d'ivoire, où la volupté n'a encore rien écrit.
Source : Gallica

Félix de Jousselin Le roman de l'ouvrière (1866)

Rose en était là. Nous arrivons au moment où sa petite âme s'ouvrait toute neuve, toute fraîche, toute attentive aux moindres souffles qui viendraient la caresser. C'est une prairie si séduisante à fouler qu'une âme de jeune fille ! La tempête n'ose pas s'y risquer. On y cueille des fleurs parfumées dans chaque coin solitaire, l'œil s'y perd si délicieusement pour y découvrir une partie vierge de tout regard ! Là, tout est moissons, tout est richesse. La vie s'y dévoile dans ses primeurs,
les convictions ont la poésie d'un sentiment, l'existence est un don béni.
Source : Gallica

Félix de Jousselin Le roman de l'ouvrière (1866)

Et sur ce lit de mort, par la fenêtre entr'ouverte, un doux rayon d'avril vint illuminer de ses reflets la vierge endormie.
Or voici le dénoûment de toute cette histoire : La comtesse revit Octave, et, sans lui dire qu'elle savait son secret, elle raconta la mort de Rose et ses dernières paroles, elle parla de l'enfant délaissé.
Octave l'écouta jusqu'au bout sans paraître affligé ; il dit : « C'est la fin la meilleure pour ces sortes de femmes, car elles ne peuvent plus être admises dans la société. »
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature