Charles-Ferdinand-Louis Valori d'Estilly

Résumé

Charles-Ferdinand-Louis Valori d'Estilly Roger : poème de la vie (1862)

Quand les jours sont passés où l'on va follement, En résumant sa vie, au gré du sentiment, A l'heure, justement, où l'on est loin d'y croire, On ressent sa jeunesse, on vit de sa mémoire, Et l'on court à l'amour, en fol émérillon, On y court comme court l'enfant au papillon !
Si plus tard nous souffrons, c'est encor de la vie ; Mais si l'on est heureux, l'âme émue et ravie Confond, dans son bonheur, la terre avec les deux ; Tout est bien, tout est beau, le cœur est radieux, Il ne croit plus au mal, il adore, il contemple, Il attend l'être aimé dont il devient le temple
Source : Gallica

Charles-Ferdinand-Louis Valori d'Estilly Roger : poème de la vie (1862)

En voyant son tombeau , quand mon âme est brisée , Si mes larmes, au moins, pouvaient, dans leur ferveur, Comme les eaux du ciel retomber en rosée, Pour redonner la vie à son regard rêveur !
Mais les pleurs du mortel, ne servent qu'à lui-même, Et calment ses regrets sous leur triste baiser.
C'est soi, c'est soi qu'on pleure, en pleurant ceux qu'on aime: Sous les larmes, le cœur sait bientôt s'apaiser.
Riant espoir, doux fleuve Qui coule devant nous, A tes flots on s'abreuve Et nous y buvons tous !
Pourquoi dans la tendresse, Ne pas rester au seuil?
Plus avant est l'ivresse ; Mais au-delà.
Source : Gallica

Charles-Ferdinand-Louis Valori d'Estilly Roger : poème de la vie (1862)

Va ! les heureux sont près du ruisseau qui serpente Et tu pourras mêler tes soupirs à leurs voix.
Car, ramener l'esprit au passé, pour y lire, C'est conduire aux beaux jours le cœur en pélerin ; C'est, retrouvant son ombre où naquit le délire, Changer en pleurs d'espoir les larmes du chagrin.
C'est, dans un paysage Où tout flotte et tout luit, Voir l'oiseau de passage Dont le chant nous séduit ; C'est, comme l'hirondelle, D'un climat refroidi, S'élancer d'un coup d'aile Vers le ciel du midi ; C'est le cœur qui réveille, Accords inattendus, Les rires de la veille Que l'on croyait perdus.
Source : Gallica

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