Alphonse de Lamartine,
Harmonies poétiques et religieuses
(1893)
“ L'aurore t'admire, Le jour te respire, La nuit te soupire, Et la terre expire D'amour à ton nom ! Et moi, pour te louer, Dieu des soleils, qui suis-je? Atome dans l'immensité, Minute dans l'éternité, Ombre qui passe et qui n'a plus été ! Peux-tu m'entendre sans prodige? Ah! le prodige est ta bonté! Je ne suis rien, Seigneur, mais ta soif me dévore ; L'homme est néant, mon Dieu, mais ce néant t'adore, Il s'élève par son amour ; Tu ne peux mépriser l'insecte qui t'honore, Tu ne peux repousser cette voix qui t'implore, Et qui vers ton divin séjour, Quand l'ombre s'évapore. ”
