Alphonse de Lamartine,
Nouvelles méditations poétiques…
(1871)
“ Si mes soins, si mes chants, si mes trop faibles charmes A son indifférence avaient pu l'arracher; Si l'ingrat cependant s'était laissé toucher, S'il eût été du moins attendri par mes larmes, Jamais pour un mortel, jamais la main des dieux N'aurait filé des jours plus doux, plus glorieux. Que d'éclat cet amour eût jeté sur sa vie! SAPHO. 33 Ses jours à ces dieux même auraient pu faire envie, Et l'amant de Sapho, fameux dans l'univers, Aurait été, comme eux, immortel dans mes vers. C'est pour lui que j'aurais, sur tes autels propices, Fait fumer en tout temps l'encens des sacrifices, O Vénus! ”
