Salvador Castrillo, Rimes romantiques (1895)
“ Voyez-vous la vague courir Sur ce lac palpitant sans cesse ? A la plage elle va mourir. Comme le serpent qui s'éveille Et se perd au bord du chemin. Ainsi de cette eau qui sommeille Une ride naît sous ma main. Je la vois loin de ma nacelle, Comme la nymphe en s'enfuyant, S'éloigner transparente et belle Et disparaître en souriant. C'est une femme enchanteresse Qui se pose devant mes pas, Une vision qui sans cesse M'apparaît sous tous les climats. LA RIDE 81 C'est la forme qui nous entraîne, Sur les routes, pendant les nuits, C'est une femme, la sirène Qui nous a pour toujours séduits. ”
