“ Ce robuste marcheur, devenu guide, est au sommet ; la plus belle récompense de cette perpétuelle ascension est qu’à ce sommet il a porté avec lui toute une partie de cette « jeunesse nouvelle » qui, pour avoir vu, grâce à lui, plus clair dans le devoir quotidien, n’en a que mieux servi, après le foyer et la famille, la race et le pays. ”
Marcheur
Définition et enjeux
Citations sur le marcheur
Pierre-Jean de Béranger,
Le grand Marcheur
“ Air : Mirliton, mirlitaine. Je suis un marcheur agile ; J’ai le pied bon, le corps sain. À la campagne, à la ville, Jour et nuit je vais grand train. Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile, J’enfile droit mon chemin. ”
“ J’ai été un grand marcheur, me dit-il en s’arrêtant un peu, non pas un beau montagnard comme vous, mais un chasseur leste et nerveux, passionné pour l’action et le danger. Voici que l’âge me fait sentir son poids. ”
Pierre de Coubertin,
L’Éducation des adolescents au XXe siècle
“ Expliquons-nous. Un marcheur s’entraîne régulièrement sur des distances de plus en plus grandes et arrive ainsi à pouvoir fournir une course d’une longueur surprenante ; le jour où il la fournit, fait-il un raid ? ”
Frédéric Harrison, John Ruskin
“ Cependant ce n’était point un invalide habituel ; bien portant, c’était un marcheur intrépide, plein d’activité et d’entrain ; toujours ardent au travail, ses yeux ou sa plume ne se lassant ni jour ni nuit. ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ C’est un appareil qui dispense le canut de pousser le battant, comme déjà on l’avait dispensé de pousser la navette. On s’en sert surtout pour le taffetas. Manquablement le marcheur est actionné par les marches. Si l’on avait raconté ça à mon bourgeois !... Il aurait répondu « Vous couyonnez ! » MARCHON, s. m. — Chantier sur lequel on place les tonneaux. S’emploie surtout au pluriel, les marchons étant accouplés. -— De marche, au sens de marche d’escalier, degré. MARCOURER (SE) , SE MERCURER, v. r. — Se ronger de chagrin, se maucœurer. S’emploie quelquefois au sens actif. ”
Gaëtan Niépovié, Études physiologiques sur les grandes métropoles de l'Europe occidentale… (1840)
“ Évitez les marcheurs à allure preste, — particulièrement ceux qui courent les mains dans les poches et la tète basse ; ne leur demandez jamais votre chemin, car vous risquez une rebuffade ou une indication brève, jetée comme une aumône. ”
Alexandre Thomas, Revue des Deux Mondes
“ Pour tout chemin, on a des sentiers de deux pieds de large qui serpentent jusque par-dessus les hauteurs auxquelles ils sont comme accrochés. Les bons marcheurs du pays ne s’y habituent eux-mêmes qu’avec peine. ”
Fernand Passelecq, La dernière étape (1912)
“ Il en conçut même, au rappel soudain des images familières de la tournée, une sorte d'allégresse. Ah ! la route ! S'échapper d'ici, de la maison des autres ; secouer la contrainte des gens qui, ayant donné, attendent et épient le départ du mendiant; gagner la route libre, d'où personne ne vous expulse, qui ne manque jamais au pied du marcheur, la route qui s'allonge à perte de vue, toujours la même, toujours fidèle, à travers campagnes, bois, vallées, plateaux; la route aérée, lumineuse et accueillante, éternellement accompagnée de ses deux talus d'herbes, si doux au relai ”
Désiré Tricot, Poésies d'un fantasque, par Désiré Tricot… (1845)
“ Marche, marche, marche sans cesse, Malgré le faix de la vieillesse, Malgré l'âpreté du chemin ; Bien qu'une fantastique étape, Incessant mirage, t'échappe, Marche aujourd'hui, marche demain ! Marche quand tes forces s'éteignent, Quand tes pieds nus et meurtris saignent, Marche malgré le jour qui fuit; Marche toujours, marche, te dis-je, Ou voici que ton sang se fige Au souffle glacé de la nuit. Point de relâche, point de trêve : Pour toi le repos n'est qu'un rêve, Un rêve oublié du berceau. Vieillard — que sur ta tête nue Le soleil darde ou que la nue Crève en torrent — marche ; il le faut. ”
Joseph Texte, Revue des Deux Mondes
“ De cette troupe d’histrions en voyage qui est la race humaine, et qui passe sur cette route, poussant son chariot et fredonnant ses chansons, à peine si de loin en loin il s’en trouve un pour s’asseoir au bord du chemin, ôter ses sandales, rêver et admirer un instant : les autres cueillent des mûres sur les buissons et s’amusent sottement à s’en barbouiller le visage. ”
Henry Bataille,
Le Beau Voyage
“ Quelqu’un marche le long des fossés pleins de pluie... Voyageur, voyageur de jadis qui t’en vas, À l’heure où les bergers descendent des montagnes, Hâte-toi ! Les foyers sont éteints où tu vas, Gloses les portes aux pays que tu regagnes. La grande route est vide et le bruit des luzernes Vient de si loin qu’il ferait peur... Dépêche-loi : Les vieilles carrioles ont soufflé leurs lanternes... ”
“ À pied... la belle façon en réalité de voyager ; rien ne vaut ce genre de promenade. Comme alors tous les plus petits détails s’impriment bien dans l’esprit ; et quels détails que ceux de mon pays ! Oh ! que je vous plains malheureux médecins de ville, tristes enfumés, chevaliers empoussiérés du tramway et du trottoir, de ne pouvoir, suivant le caprice, vous plonger dans cette atmosphère de cèdres résineux et de fougères aromatiques qui embaument ma montagne. ”
Mme A. B. Lacerte,
L’homme de la maison grise
“ Vous n’allez pas vous aventurer sur ce chemin, M. l’Inspecteur ! — Pourquoi pas ?... Et puis, mon ami, je n’appellerais pas cela un « chemin » ; c’est tout simplement un sentier, où seuls, un piéton ou un cavalier passeraient à l’aise. — Oui, ce n’est qu’un sentier... ”
Pierre de Coubertin,
Anthologie
“ La marche n’est point la promenade. Si vous suivez les Champs-Élysées, le Corso ou la perspective Newsky, vous arrêtant de ci de là pour regarder l’étalage d’une boutique ou admirer la belle tenue d’un équipage, vous ne faites point de la marche — pas plus qu’un cavalier ne ferait de l’équitation en se bornant à flâner de groupe en groupe le long de Rotten row ou de l’allée des Poteaux. ”
Louis Gillet,
Watteau : un grand maître du XVIIIe siècle
(1921)
“ Des marches, des cantonnements, des scènes de bivouac, des haltes au bord d'une route, des troupes au repos, des convois, des cuisines en plein vent où fume le bois vert, aux lisières d'un village, ce va-et-vient qui se Passe sur les arrières d'une armée, ce que l'artiste a pu réellement observer, voilà ce que nous trouvons dans cette œuvre de bonne foi. ”
Edmond Cazal, Voluptés de guerre (1918)
“ Et la marche, la marche dans les chemins creux, sur les plateaux nus, au long des grands ravins, à travers les noires sapinières, — la marche mécanique et lourde dans la boue jusqu'à mi-jambe et dans l'eau jusque par-dessus la tête. ”
Édouard Maury, Aux portes de l'Orient : la lagune de Venise… (1896)
“ Sur la route, le défilé continue: des voitures, des cavaliers, de pauvres piétons aussi, qui marchent sur le gazon, évitant la poussière, et des enfants, traînant le pied, fatigués d'une longue journée, qui ne les,a pas beaucoup amusés. Sous toutes les latitudes et dans tous les pays, la vie se ressemble après tout la promenade commencée avec entrain, comme une partie de plaisir, se termine dans les fatigues etl'humeur maussade. ”
Jules Delvaille, La Nouvelle Revue
“ Pour nous qui devons réaliser notre vie, mieux vaut savoir qu’ignorer. Une troupe en excursion gravit un sentier de montagne. Le chemin est rude ; on avance péniblement, mais on voit clairement le but qu’on veut atteindre. ”
Jean Féron,
L’aveugle de Saint-Eustache
“ Sur le chemin un vieillard, tête nue et sanglotant, court. Il court les bras tendus en avant... Il bute... il tombe... il se relève... rugit... trébuche et roule encore sur la neige pour se relever la face sanglante et se remettre à courir. Une foule, agitée, hurlante, le suit. ”
Joseph Leclerc, Principes de composition française et de rhétorique… (1859-1860)
“ Marche, marche. Un poids invincible, une force irrésistible nous entraîne : il faut sans cesse avancer vers le précipice. Mille traverses, mille peines nous fatiguent, et nous inquiètent sur la route. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Rien n’est moins d’accord : La maussaderie est la tristesse de ce qui est petit. Le vieux Pasages a de la grandeur. Vous voyez, mon ami, que ma promenade du matin n’est pas inoccupée. Cette promenade faite, je rentre, je déjeune, et je m’en vais par les chemins des rochers. Je donne le matin à la ville et le jour à la montagne. Je monte dans la montagne par des escaliers perpendiculaires, aux marches très hautes et très étroites, solidement maçonnés dans l’escarpement et mêles à la rude végétation du rocher. Quand on est au haut d’un escalier, on en trouve un autre. ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Rougis de ta blouse, postillon français !... Tu n’es plus beau ! La route est droite comme un chemin de fer ; dans la singulière contrée que nous traversons, tout est montagne ou plat pays, point de collines ni d’accidents de terrain ”
Robertine Barry,
Chroniques du lundi
“ C’est le doux rien-faire après les rudes travaux, la halte au milieu du chemin ardu. On dépose son bâton de pèlerin et, regardant autour de soi, on puise un courage nouveau avant de continuer sa course. ”
Charles Dallet, Histoire de l’Église de Corée
“ La marche est d’abord assez pénible : pas un chemin tracé, nous franchissons des fossés et des canaux remplis d’eau, nous côtoyons des précipices et des mares, force nous est de nous accrocher des pieds et des mains ; enfin nous grimpons, nous sautons, nous plongeons aussi parfois, jusqu’à ce que nous ayons atteint le chemin qui nous conduit à la capitale. ”
Laure Conan,
À l’œuvre et à l’épreuve
“ Quand vous rencontrez en chemin quelque sauvage, comme vous ne pouvez encore leur donner de belles paroles, au moins, faites-leur bon visage et montrez que vous supportez joyeusement les fatigues du voyage. C’est avoir bien employé les travaux du chemin et avoir bien avancé, que d’avoir gagné l’affection des sauvages. ”
Médéric Charot, Le bataillon de Provins, siège de Paris 1870-1871… (1872)
“ Quand un voyageur, ayant marché longtemps sur un chemin rocailleux et pénible, aperçoit tout à coup à l'horizon le but de son voyage, on le voit tout boiteux précipiter sa marche et courir vers le gîte où le repos l'attend. ”
Alexandre Ducros, Les étrivières, 1867-1885 (3e édition… (1898)
“ Je te souhaite bonne chance et bon succès, tu le mérites et le sort te doit bien une petite halte de grande route, un gîte d'étape modeste, sur le chemin si fertile en cailloux que tu as choisi pour traverser la vie. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Un passage incessant, une allée, une venue, un croisement continu de lignards, de mobiles, de francs-tireurs, à tout moment, traversant les trois barricades, de retour de reconnaissances dont ils reviennent, pliant sous la charge de la verdure et des légumes ramassés. Un défilé sans cesse recommençant, où la fatigue est pleine d’entrain, de gaieté. ”
Jean Coste, Mes quatre premières années de montagne (1927)
“ Je trouve que la présence du guide qui vous hisse comme un paquet ôte à l'ascension tout son charme qui est fait de l'incertitude de la victoire, de sa dépendance de nos seules forces, de la recherche laborieuse du chemin. ”
Marc de Buttet, Les Alpins : étude militaire sur les troupes cantonnées dans les Alpes et chargées de les défendre (1894)
“ La marche s'exécutera autant qu'on pourra le faire par de bons sentiers, en silence et sur le plus grand front possible en même temps que sur une grande profondeur et les fractions rapprochées les unes des autres. ”
Joseph Baeteman, Au pays du roi Menelick. Croquis noirs (1930)
“ Une armée en marche offre un spectacle curieux et triste, un spectacle de désordre et d'indiscipline extraordinaires. Figurez-vous une foule bigarrée, d'hommes, de femmes, d'enfants, d'esclaves, de mulets et de chevaux, qui, marchant pêle-mêle, se heurtent, se poussent, se bousculent, se disputent. ”
Théophile Gautier,
Tableaux de Siége
(1881)
“ Quand on a été si longtemps prisonnier, réduit au même horizon, c'est une sensation étrange que de courir rapidement à travers les campagnes, de voir se déplacer autour de soi les ponts, les plaines, les collines, les archipels de nuées, les bourgs et les blanches villas semées dans la verdure. La moindre excursion semble un voyage. ”
Germain-Étienne Coubard d'Aulnay, Le dimanche d'un garçon : moeurs parisiennes (1841)
“ Semblable au pèlerin qui, voyageant à pied , Fatigue de la roule et couvert de poussière , Sur le bord du chemin , tout haletant, s'assied Et se plaît à jeter un regard en arrière ; Ainsi l'homme parfois, dans sa courte carrière, Contemplant le chemin qu'il vient de parcourir, Aime à recomposer sa vie en souvenir. ”
Alfred Delvau,
Les romans-nouvelles
(1845)
“ Pour le voyageur touriste qui, un bâton à la main, un sac léger sur le dos, chemine pédestrement sur une route moins poudreuse qu'aux-beaux jours de juillet, la campagne n'est pas dépourvue de charmes, surtout si ce voyageur possède un grand fonds de poésie ! ”
Émile Verhaeren,
Les Blés mouvants
(1912)
“ Les longs troupeaux en marche à travers route et plaine Dont les dos inégaux et mouvants sous la laine Apparaissent au loin comme un champ remué ; Son rythme vit et fait trembler les vieux villages Du quadruplé galop d'un volant attelage ”
Alexandre Le Roy,
Sur terre et sur l'eau : voyage d'exploration dans l'Afrique orientale
(1894)
“ Marchons donc, marchons toujours, aussi longtemps que le soleil éclairera notre horizon, aussi longtemps que la caravane fatiguée demandera grâce, aussi longtemps que nos jambes ne refuseront pas de nous porter, marchons. ”
Rodolphe Töpffer,
Les vacances d'un pensionnat autour du Mont Blanc et du Mont Cévrin…
(1897)
“ Et il est sûr qu'à quinze, qu'à dixiept ans la chose la plus sérieuse d'un voyage, ce ne sont pas dix-sept, quinze lieues de marche, ce sont trois heures de grimpée matinale faite à jeun sous les ardeurs d'un beau ciel. ”
Eugène François Ravenez, La vie du soldat au point de vue de l'hygiène (1889)
“ Une marche deviendra très pénible lorsqu'elle sera entreprise sur un sol meuble, sur le sable, dans la boue, sur des cailloux roulants, dans la neige. La marche en pays de montagnes, le sac au dos, exige des hommes recrutés d'une façon spéciale et rompus dès longtemps aux épreuves de l'ascension. ”
Joseph de Rosny, Oeuvres de J.-P. Florian.... Vol… (1793-1797)
“ La marche est vive, rapide ; on court d'évènemens en évè- nemens ; on ne s'arrête qu'à ceux qui intéressent. Les dialogues, les descriptions, les récits , sont entremêlés et délassent les uns des antres. C'est une campagne riante , coupée de ruisseaux , de bois , de collines ; le lecteur y marche long-temps sans se fatiguer. Faites - lui faire le même chemin dans une plaine superbe , mais moins variée, il admire, et demande à se reposer. ”
“ Comme il n’est pas naturel de voir se promener par un pareil temps, et à dix heures du matin, six personnes à travers champs, les gens qui habitaient les carrières se doutaient de la cause de notre promenade, et nous suivaient. ”
George Sand,
Revue des Deux Mondes
“ Tu veux savoir l’emploi de mes quatre journées de voyage. Ce n’est pas long, le récit d’un voyageur qui ne voyage plus, et le mien pourrait se résumer en quatre mots : j’ai fait douze lieues en lisant, j’ai écouté chanter un oiseau, j’ai vu couler la Creuse. J’ai dormi à Gargilesse, j’ai herborisé un peu, je suis revenu par le même chemin, lisant le même livre. J’ai fait halte sous le même arbre où chantait le même oiseau. Voilà les grandes aventures de mon excursion, et ce n’est guère la peine de les écrire; mais tu veux une causerie et un voyage. ”
“ Celui au contraire qui fait la promenade à pied jouit librement des délices que ce parcours offre aux amateurs, toujours avides d’interroger les merveilles qu’étalent les sites variés de cette poétique vallée. ”
François-Marie Luzel,
Légendes chrétiennes
“ Joll remercie le vieillard et se remet en route. Il passe heureusement la prairie aux vaches grasses, puis celle aux vaches maigres, puis la belle avenue où l’on festoie et danse, et rit, et chante. Voici le sentier étroit, ardu, caillouteux. Il y entre avec résolution. Mais avec quel mal il avance ! ”
Fanny Burney, Évelina (1778)
“ À la promenade, c’est lui qui m’accompagne et qui me donne le bras. Quelquefois nous nous occupons d’une lecture, et alors il me fait remarquer les endroits les plus saillans, consulte mon opinion et me fait part de la sienne. ”
Gaston Leroux,
La Double Vie de Théophraste Longuet
“ N’importe où, fis-je, mais il faut aller partout, plutôt que de rester là, puisque là il n’y a aucun espoir. Nous réfléchirons en marchant. La marche est notre seul salut ; mais en marchant sept jours sans prendre de point de repère, nous risquerons tout de même d’arriver quelque part. ”
Édouard Guillaumet, Tableaux soudanais (1899)
“ Les marches superbes sont à nu, avec, par places, des cuvettes immenses où l'on a peine à né pas glisser, et où, goutte à goutté, s'épanchent, murmure léger, les infiltrations qui cherchent, dans leur marche hésitante, à se rejoindre dans l'infini. ”
