“ Nos postillons, à nous, sont hideux; le postillon de Longjumeau est un mythe; une vieille blouse crottée avec un affreux bonnet de coton, voilà le postillon français. Maintenant, sur le tout, postillon badois, chaise de poste, gamins allemands, vieilles maisons, arbres, baraques et clocher, posez un joli ciel mêlé de bleu et de nuages, et vous aurez une idée du tableau.J'ai eu, du reste, peu d'aventures; j'ai passé deux nuits en malle-poste, ce qui m'a laissé une haute idée de la solidité de notre machine humaine. C'est une horrible chose qu'une nuit en malle-poste. ”
Postillon
Définition et enjeux
Le postillon est un individu qui monte un cheval attelé à une voiture hippomobile, contrairement au cocher qui conduit depuis la voiture. Historiquement, il dirigeait les attelages de relais, réglant l'allure et agissant en tant que messager ou palefrenier. Son rôle, évoqué par Victor Hugo dans Le Rhin ou Alexandre Dumas dans Joseph Balsamo, combine travail pénible et figure emblématique.
Le terme, tiré de l'italien postiglione, incarne une profession essentielle des transports anciens, immortalisée dans l'opéra d'Adolphe Adam et les récits de Jules Verne. La description de ses bottes, de son cor de poste et de sa tenue met en évidence un métier à la fois technique et symbolique.
Citations sur le postillon
Alexandre Dumas,
Joseph Balsamo
“ Le postillon la regarda. — Triples guides ! dit-elle. — Il fallait donc nous conter cela tout de suite, répondit le postillon, nous serions déjà à un quart de lieue d’ici. — Voilà un écu de six livres à compte ; réparons le temps perdu. Le postillon se pencha en arrière, la jeune dame en avant, leurs mains finirent par se joindre, et l’écu passa de celle de la voyageuse dans celle du postillon. Les chevaux reçurent le contre-coup. La chaise partit, rapide comme le vent. Pendant le relais, Gilbert était descendu, il avait lavé son visage et ses mains à une fontaine. ”
Alexandre Dumas,
Joseph Balsamo
“ Postillon, quelle est la première ville un peu importante que nous trouvons sur notre chemin ? — Vitry, madame. — Et à combien sommes-nous de Vitry ? — À trois lieues. — Où relayons-nous ? — À Vauclère. — Bien. Allez, et si vous voyez une file de voitures sur la route, prévenez-moi. Pendant ces quelques paroles échangées entre la dame de la voiture et le postillon, Gilbert était presque retombé en faiblesse. En se rasseyant, la voyageuse le vit pâle et les yeux fermés. — Ah ! pauvre enfant, le voilà qui va se trouver mal encore ! s’écria-t-elle. ”
