J. Barbey d'Aurevilly

Élements biographiques

J. Barbey d'Aurevilly Le Chevalier des Touches

«Tu aimes diablement la plaisanterie pour que je te donne le plaisir de te croire, l'abbé?—dit le baron de Fierdrap, quand l'abbé revint à la cheminée et se planta, les mollets et le dos au feu, devant le fauteuil qui lui tendait les bras.
—Était-ce vraiment le Père Gardien?...—reprit mademoiselle Sainte toute transie; car elle cuisait de curiosité et se sentait pourtant le froid d'un glaçon dans les épaules.
—Non!» répondit l'abbé, qui s'arrêta, l'œil sur les feuilles du parquet ciré et miroitant, comme s'arrête un homme qui médite ce qu'il va dire et qui hésite avant de le risquer.
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J. Barbey d'Aurevilly Les diaboliques

Nulle larme ne jaillit de mes yeux. Je restai muette et rigide, dans un état sans nom d’horreur, d’où je ne sortis que par un déchirement de tout mon être. Je sentis qu’on m’ouvrait la poitrine et qu’on m’en arrachait le cœur. Hélas ! ce n’était pas à moi qu’on l’arrachait : c’était à Esteban, à ce cadavre d’Esteban qui gisait à mes pieds, étranglé, la poitrine fendue, fouillée, comme un sac, par les mains de ces monstres ! J’avais ressenti, tant j’étais par l’amour devenue lui, ce qu’aurait senti Esteban s’il avait été vivant.
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J. Barbey d'Aurevilly L'ensorcelée

Quand elle repassa dans ce cimetière ceint de murs qui s'écroulaient et qu'on oubliait de relever, où de hautes herbes, qu'aucune faux jamais ne coupait, se courbaient au souffle du soir comme une moisson mortuaire; lorsqu'elle entendit quelques corbeaux croasser dans les ouvertures grillées du clocher, par ce déclin d'un jour d'hiver, gris et bas, l'âme ouverte à tous les sentiments d'une nature religieuse, ignorante et timide, Nônon se félicita, en se serrant dans son mantelet de ratine blanche, de n'être pas à cette heure au vieux presbytère et dans la chemise de Jeanne le Hardouey.
Source : Gutenberg

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