“ Là, chaque jour Aimée avait coutume d’implorer la protection du ciel ; là, elle vint dans sa douleur profonde chercher les seules consolations qu’elle pouvait recevoir. Le crépuscule du matin la trouva encore prosternée à cette place ; mais sa bonne nourrice, qui la surveillait de loin, s’approcha d’elle et la conjura de la suivre dans leur cabane. À la vue des pleurs qui baignaient le visage de celle qui lui avait servi de mère, Aimée versa elle-même quelques larmes, et son cœur fut moins oppressé. ”
Aimée
Définition et enjeux
Aimée, figure littéraire ou personnage symbolique, incarne souvent la tension entre introspection et sentiment dans la prose des XIXe et XXe siècles. Dès les récits de Jules Barbey d’Aurevilly, elle apparaît comme une jeune femme réservée, dont les réactions discrètes trahissent une profondeur émotionnelle.
Chez Lucien Biart, elle devient un idéal romantique, lié à la nature et à la beauté. Aimée de Coigny, dans ses mémoires, explore en revanche les stéréotypes sociaux qui entourent sa vie privée. Ces approches variées, allant de la mélancolie à l’analyse critique, révèlent une diversité d’interprétations qui ancreront ce thème dans la réflexion littéraire.
Citations sur “Aimée”
Cécile Beauregard,
Contes d’hier
“ Mlle Aimée rêva. La chanson mélancolique des grenouilles montait toujours dans l’air très calme. Les étoiles continuaient à palpiter comme des cœurs, au fond du grand ciel voûté. La lune glissante penchait vers l’occident ; un moment, frappé de ses rayons, le toit de fer blanc de l’église se mit à reluire, comme si on l’eût peint de lumière vermeille. L’ombre de la maison s’étendit, devant Mlle Aimée, ainsi qu’un mur tombé. À intervalles presque réguliers, la brise se levait comme un souffle, et les arbres soupiraient et se balançaient mollement, à moitié endormis. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Le chevalier Des Touches
“ Aimée elle-même, toujours sérieuse comme une reine, mais qui avait vu revenir de la première expédition son fiancé sans une seule blessure, s’épanouit, malgré sa réserve, dans un sentiment qui était plus que de l’amour, qui était de la fierté heureuse ! Oui, le seul jour où j’aie vu Aimée, cette magnifique rose fermée et toute sa vie restée en bouton, nous montrer un peu de l’intérieur de son calice, fut ce jour qui précéda notre départie pour Coutances et le malheur qui allait la frapper ! ”
