Résumé

F. Favier L'Héritage d'un misanthrope, la Chasseresse… (1865)

Emma, qui apporte dans les idées de mariage, avec beaucoup de candeur et de gravité, beaucoup de sentimentalité aussi, répugne énormément de commencer sa vie avec un compagnon qui la finit, et d'entrer, jeune, pure, radieuse d'espérances dans un coeur ruiné, dévasté ou tout au moins fatigué et engourdi par l'emploi de sa jeunesse. Ce qui arrive réellement presque toujours dans notre monde ; les hommes ne s'y mariant que lorsqu'ils ne sont plus jeunes et qu'ils ont épuisé tout ce que leur liberté, leur indépendance leur ont pu donner de plaisirs et d'amours successifs.
Source : Gallica

F. Favier L'Héritage d'un misanthrope, la Chasseresse… (1865)

Cette fois ce fut pour ne plus le quitter que Béatrice revint à Esseldi. Son coeur y rapportait un trésor de tristesse et de bonheur à la fois : le deuil de son père si aimé, les joies nouvelles de la maternité. L'occupation si attachante d'une jeune mère nourrice remplissait ses journées, qui longtemps lui semblèrent courtes près du berceau de sa fille. Puis, peu à peu ce complet isolement, le peu de sympathie qui pouvait exister entre cette jeune femme, instruite, intelligente, artiste, et les sauvages natures de son oncle et de son mari, commencèrent à réagir sur elle et à l'assombrir.
Source : Gallica

F. Favier L'Héritage d'un misanthrope, la Chasseresse… (1865)

Plus d'une fois, en effet, son mari étonné, scandalisé, ouvrit la bouche pour désavouer cette folie ; mais Emma l'arrêtait aussitôt d'un geste, d'un regard suppliant, et lui disait tout bas avec la câlinerie despotique d'une enfant heureuse et adulée :
« Sans cela, cher père, nous n'aurions pas Valentin; puisqu'il nous est rendu, ne gronde donc pas. »
Elle avait un accent si heureux, si animé, cette fille chérie qu'il avait tremblé de perdre, qu'en l'écoutant la tendresse paternelle du digne professeur faisait taire en lui la raison.
Source : Gallica

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