Résumé

Portrait de Georges Ohnet Georges Ohnet Le maître de forges : les batailles de la vie (1882)

Claire s'était avancée à son tour :
– Quant à moi, mes amis, dit-elle, je vous remercie du fond du coeur de votre bonne pensée. Et vous, Gobert, puisque vous êtes le plus ancien de l'usine, pour tous vos camarades, venez m'embrasser.
Et gracieuse, souriante, elle tendit la joue au vieux contre-maître bouleversé, au supplice dans sa redingote noire un peu juste, et devenu tout rouge sous ses cheveux blancs. Gobert s'approcha, et, avec autant de précaution que si le doux visage de Claire eût été brûlant, comme le fer rouge que l'ouvrier était habitué à marteler, il embrassa la jeune femme.
Source : Gallica

Portrait de Georges Ohnet Georges Ohnet Le maître de forges : les batailles de la vie (1882)

Elle repoussa Philippe, et, le regardant éperdue ; comme si sa vie ou sa mort allait se décider par une parole :
– Un seul mot, dit-elle, réponds ! M'aimes-tu ?
Philippe lui montra un visage rayonnant d'ivresse :
– Oui, je t'aime, répondit-il. Il y avait deux femmes en toi. Celle qui m'a fait tant souffrir n'est plus. Toi, tu es celle que je n'ai jamais cessé d'adorer.
Claire poussa un cri, ses yeux s'emplirent de
larmes, elle s'attacha désespérément à Philippe, leurs lèvres se touchèrent et, dans une extase inexprimable, ils échangèrent leur premier baiser d'amour.
Source : Gallica

Portrait de Georges Ohnet Georges Ohnet Le maître de forges : les batailles de la vie (1882)

La baronne s'arrêta.
A ces mots « ton mari », elle avait vu Claire frémir.
– Oh ! si tu savais ce qui se passe en moi ! murmura la jeune femme. Ce mariage que j'ai voulu, malgré tout, avec l'emportement d'un orgueil révolté, maintenant qu'il est accompli, il me fait horreur. Cet homme qui est mon mari, je voudrais le fuir. Tiens ! ne me quitte pas, reste là, il n'osera pas venir tant que tu seras auprès de moi... Oh ! cet homme ! Cet homme qui m'inspire la première crainte de ma vie, comme je le hais !
– Mon Dieu ! mais tu m'épouvantes, s'écria la baronne vraiment effrayée.
Source : Gallica

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