Résumé

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet Les persécutées : Séverine Realti… (1877)

Charlotte aimait son fils. A dater de ce jour, la baronne Miroël vécut sous l'empire d'une préoccupation dont elle n'avait jamais connu les effets, et qui lui apporta tour à tour des heures de joie et des heures de désespoir. Son coeur malade s'était ouvert à l'amour, et, longtemps sevrée des émotions qu'il entraîne à sa suite, elle les goûtait maintenant dans toute leur plénitude. On objectera peut-être que ce sentiment avait été bien soudain. Oui ; brusquement, il s'était abattu sur cette âme délaissée ; il avait suffi qu'elle vît une fois Xavier de Brancourt pour l'aimer.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet Les persécutées : Séverine Realti… (1877)

Mon âme s'ouvrit à l'inquiétude comme à la veille d'un danger pressenti, sinon certain. Une angoisse véritable s'empara de mon être, et je maudis cette foule qui s'interposait entre Severine et moi, et m'empêchait de provoquer ses confidences.
Giacomo Realti pénétra ma tristesse. Il fut vite à mes côtés, et de sa voix douce comme celle d'un père s'adressant à son fils :
– Comme vous êtes pâle, Richard ! Etes-vous malade ?
Je m'efforçai de sourire, et je balbutiai :
– Je suis bien portant, monsieur Realti. Mais la chaleur qui règne dans ce salon m'a saisi à la gorge.
– Et vous étouffez.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet Les persécutées : Séverine Realti… (1877)

C'est que vous m'apprendrez ce soir le chemin qui va de mon appartement dans le vôtre.
La pudeur blessée mit sur le visage de Charlotte une rougeur brûlante.
– Vous êtes fou !
– Fou ! oui, d'amour. Ecoutez-moi, ma chère, et tâchez de ne rien perdre de mes paroles. Je vous adore follement et j'ai la douleur , de savoir que vous me détestez. Or, cela suffit à exciter mon amour et à le rendre tel qu'il doit être satisfait. Je ne reculerai donc pas, même devant la violence, pour avoir raison de vous. Remarquez que je suis votre mari, c'est-à-dire que je suis dans mon rôle et dans mon droit.
Source : Gallica

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