Ernest Daudet,
Les persécutées : Séverine Realti…
(1877)
“ Nous fûmes longtemps avant de nous remettre de cette violente émotion, et je ne sais encore comment je me trouvai dans un petit salon, assis à ses côtés, les mains dans les siennes, comme un frère à côté de sa soeur. – Je ne rêve pas, dit-elle enfin ; c'est vous, monsieur Richard, c'est bien vous. Ah ! cette heure de joie m'était bien due, car souvent, dans l'excès de mes maux, je vous ai appelé. – Pourquoi ne m'avoir pas écrit ? – Je n'osais pas. J'avais été si ingrate envers vous ! Au milieu de mon court bonheur, j'avais paru vous oublier, et je me croyais oubliée aussi. ”

