Ernest Daudet,
Madame Robernier (3e édition)
(1880)
“ Viens voir mon buste, continua Thérèse, sans se douter des sombres préoccupations de sa sœur; le voilà fini; tiens, regarde. Pauline resta silencieuse devant l'œuvre nouvelle d'André, partagée entre l'admiration et la colère. Oui, c'était bien là Thérèse, son regard candide, ses cheveux tombant en boucles sur son front, ses traits faits pour le marbre; à cette glaise pétrie de ses mains, l'artiste avait donné la vie; sous ce masque immobile, on devinait l'âme, comme si sur la matière animée par le talent d'un homme fût tombé un atome de cet idéal qui caractérise l'œuvre de Dieu. ”
