Alphonse de Lamartine,
Nouvelles confidences : avec une partie entièrement inédite
“ Il s’appelait le chevalier de Sennecey. Mon père, qui l’aimait beaucoup, m’y mena un jour. Son isolement n’intéressa, j’y retournai. Il était simple d’esprit, comme un soldat qui n’a connu de la vie que son cheval et son sabre ; mais il était sensible, bon, affectueux. Il me recevait comme les solitaires forcés, désertés du monde, reçoivent ceux qui viennent par charité ou par amitié diversifier un peu leur solitude. On voit sur leur visage se répandre le rayon intérieur de leur joie secrète. On sent le plaisir qu’on leur fait, on s’attache soi-même à eux par le bonheur qu’on leur apporte. ”
