Léontine de Villeneuve Castelbajac

Résumé

Léontine de Villeneuve Castelbajac Mémoires de l'Occitanienne : souvenirs de famille et de jeunesse (1927)

A mon début à Chys, en l'automne 1830, le petit salon campagnard était rempli de réfugiés, venus s'y abriter après l'orage de juillet. Battus par la même tempête, unis par les mêmes regrets, nous étions gais pourtant, parce que nous étions jeunes presque tous et qu'il n'y a pas de ciel si noir dans les profondeurs duquel les yeux de la jeunesse ne découvrent un soleil. Ces amis, je les revois et je les entends. C'est un feu roulant de mots heureux, de plaisanteries fines, de riens qui signifient toujours quelque chose avec ces éclats de rire qui font écho.
Source : Gallica

Léontine de Villeneuve Castelbajac Mémoires de l'Occitanienne : souvenirs de famille et de jeunesse (1927)

Pauvre âme ignorante, à qui j'en remontrais en fait de catéchisme, mais qui savait prier Dieu et faire l'aumône !
L'hiver que je décris se rapporte dans mon souvenir à la fin de ma huitième année, celle où je vois poindre « l'union intime » qui s'établit entre ma chère sœur Octavie et moi. Grandissant comme nous, elle développa l'amitié passionnée qui souda nos deux cœurs pour partager entre eux les mêmes battements. Si je continue à retracer mes souvenirs, on verra la place exceptionnelle que cette sœur a tenue dans ma vie, jusqu'au jour où elle me fut enlevée... à vingt et un ans !
Source : Gallica

Léontine de Villeneuve Castelbajac Mémoires de l'Occitanienne : souvenirs de famille et de jeunesse (1927)

Ordre moral, ordre physique, l'homme n'est-il pas toujours en présence du cèdre et du brin d'herbe pour adorer et pour bénir?...
Le cèdre, c'est l'écriture multipliant ses fruits à l'infini par la semence des livres et projetant ainsi les racines de la civilisation à travers les siècles.
Le brin d'herbe, c'est encore l'écriture, mais se faisant humble comme la plante qui demeure à la portée de la main.
La plume se met à la disposition de tous pour devenir l'interprète du cœur, la récréation de l'esprit, la consolatrice de l'absence, la gardienne du souvenir.
Source : Gallica

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