Armand Marquiset

Résumé

Armand Marquiset À travers ma vie

Je quittai le ministère la joie au cœur, et crédule que j’étais, je m’endormis avec l’espoir de me réveiller coiffé d’un chapeau à plumes et l’épée au côté. Mais, hélas ! les promesses des ministres sont plus fragiles encore que celles des femmes, il faut les écrire sur le sable, avec une plume tirée de l’aile d’un papillon.
Pendant deux longs mois qui me parurent des siècles, je me rendis avec une religieuse exactitude aux soirées du premier ministre, et chaque fois qu’il m’adressait la parole, c’était toujours pour me dire que ma nomination paraîtrait incessamment.
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Armand Marquiset À travers ma vie

M. Decazes est, chacun le sait, le favori, le benjamin de Louis XVIII. La réputation de talent qu’on lui accorde, les brillantes qualités qui le distinguent, en font un des hommes les plus remarquables de cette époque ; ajoutez à cela qu’il est tout puissant sur l’esprit du roi, et qu’il obtient tout ce qu’il veut. De plus, M. Decazes est grand, bien fait, d’une charmante figure, et plein de finesse et d’esprit ; il est aimable, gracieux, insinuant, et son regard vif et scrutateur semble plonger dans le vôtre et arracher les pensées enfouies au fond de votre cœur.
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Armand Marquiset À travers ma vie

Ma grand’mère maternelle avait été d’une beauté remarquable et mon grand-père, M. des Herbeys, capitaine d’artillerie avant 1793, appartenait à une ancienne famille noble du Dauphiné [6] . Ma grand’mère était royaliste à l’excès, quoique la Révolution ne lui eût enlevé ni château ni titres, mais elle souffrit comme tout le peuple de la rareté du pain et des excès commis. Je ne me la rappelle que comme une excellente femme, un peu vive, criant fort lorsqu’on ne lui obéissait pas, mais d’un très bon cœur et s’occupant de nous avec une tendresse qui ne s’est jamais démentie.
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