Armand Marquiset, À travers ma vie
“ Je quittai le ministère la joie au cœur, et crédule que j’étais, je m’endormis avec l’espoir de me réveiller coiffé d’un chapeau à plumes et l’épée au côté. Mais, hélas ! les promesses des ministres sont plus fragiles encore que celles des femmes, il faut les écrire sur le sable, avec une plume tirée de l’aile d’un papillon. Pendant deux longs mois qui me parurent des siècles, je me rendis avec une religieuse exactitude aux soirées du premier ministre, et chaque fois qu’il m’adressait la parole, c’était toujours pour me dire que ma nomination paraîtrait incessamment. ”
