Résumé

Marie-Julie Cavaignac Les mémoires d'une inconnue (Mme Cavaignac… (1894)

Ces années où, sortant de l'enfance, elle arrive à la jeunesse, sont sûrement les plus doucement joyeuses de la vie d'une femme. Sans aucun souci du présent ni de l'avenir, sans regrets du passé, n'ayant besoin de réfléchir ni de prévoir, ne connaissant de la vie que ce qu'elle offre de meilleur (une tendresse protectrice sur laquelle elle s'appuie, elle se repose sans le savoir) , pleine encore d'illusions, de ces belles illusions du cœur qui rendent si heureux et si bon, elle a toute la sécurité de l'enfant et de plus le bonheur d'en jouir.
Source : Gallica

Marie-Julie Cavaignac Les mémoires d'une inconnue (Mme Cavaignac… (1894)

Pourquoi mon fils me saura-t-il gré de l'avoir créé, s'il ne trouve pas en moi tendresse, protection, dévouement, si je ne cherche pas son bonheur avant le mien? Pourquoi m'aimera-t-il, si je me montre dure, égoïste, si je me préfère toujours à lui? Pourquoi ne s'éloignera-t-il pas, si je l'ai tyrannisé si, dans son enfance, j'ai négligé ou opprimé sa faiblesse au lieu de la protéger, d'y veiller avec amour; si j'ai voulu, dans sa jeunesse, abuser de sa dépendance, pour lui imposer toujours mes idées
Source : Gallica

Marie-Julie Cavaignac Les mémoires d'une inconnue (Mme Cavaignac… (1894)

Dans l'affection qu'elle donnait, dans celle qu'elle acceptait, tout se rapportait à elle, et, quand l'homme qu'elle croyait aimer la fit souffrir, quand du moins elle souffrit à son occasion, elle n'eut plus qu'un besoin, celui de l'éloigner, de le rejeter loin d'elle. Pourquoi alors ne pas le laisser aller? dira-t-on. Ah! c'est qu'elle avait à lutter contre un départ qu'elle ne voulait pas, contre une séparation qui ne viendrait pas d'elle, prenant peut-être de bonne foi pour une blessure du cœur celle de son orgueil et de son amour-propre.
Source : Gallica

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