“ Lélia ne vous a jamais poursuivi, jamais aimé !... — Eh ! je le sais, dit tranquillement le prêtre. Vous ne me comprenez pas : écoutez, asseyez-vous avec moi sur le tronc de ce mélèze qui sert de pont au-dessus-de l’abîme. Là, plus près de moi, votre main dans la mienne, ne craignez rien. L’arbre ploie, le torrent gronde, le gouffre écume là-bas, dans cette noire profondeur, juste au-dessous de nous : cela est beau ! c’est l’image de la vie. En parlant ainsi, l’insensé entourait Sténio de ses bras crispés par la fièvre. ”
Lélia
Définition et enjeux
Lélia, roman de George Sand, examine les tensions entre idéalisme et réalité à travers la figure de sa protagoniste, confrontée à l’amour, à la solitude et à la recherche de sens. Les passages révèlent une Lélia à la fois sublime et vulnérable, capable d’inspirer des chants à la vie tout en incarant l’angoisse existentielle.
Les échanges avec Sténio ou Pulchérie mettent en évidence les paradoxes de ses relations, oscillant entre dévouement et désillusion. Ce texte, ancré dans la tradition romantique, interroge les limites de l’amour humain et l’interaction entre l’individu et le monde.
Citations sur “Lélia”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Eh bien, Lélia, que Dieu me le pardonne encore ! pendant un moment je l’ai cru et j’ai failli lui retirer mon hommage pour vous l’offrir. Je me suis laissé éblouir et subjuguer par la puissance qui était en vous. Hélas ! il faut l’avouer, je ne vous vis jamais si belle. Pâle comme une des statues de marbre blanc qui veillent auprès des tombeaux, vous n’aviez plus rien de terrestre. Vos yeux brillaient d’un feu sombre ; et votre vaste front, dont vous aviez écarté vos cheveux noirs, s’élevait, sublime d’orgueil et de génie, au-dessus de la foule, au-dessus du prêtre, au-dessus de Dieu même. ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Je ne veux pas de vos plaisirs, je n’en ai pas besoin : c’est de Lélia seule que je voudrais tenir le bonheur. Si elle me repousse, je vivrai seul, et je mourrai vierge. Je ne souillerai pas sur le sein d’une courtisane ma poitrine embrasée d’un pur amour. — Viens donc, Lélia, dit Pulchérie en attirant sa sœur vers Sténio ; viens récompenser une fidélité digne des temps chevaleresques. ”
