“ Oh, si les femmes et les enfants, le père ou la mère auraient vu de quelle mort atroce l’infortuné avait été arraché à la vie, horriblement mutilé ou méconnaissable, ressemblant parfois à une masse de chairs ensanglantées, la douleur aurait été indescriptible ! ”
Infortune
Définition et enjeux
L’infortune, thème universel de la littérature, désigne une situation de détresse ou de malheur, souvent liée à la souffrance humaine. Anton Tchekhov l’illustre dans sa nouvelle Infortune (1887), où un homme honnête se retrouve piégé par des erreurs financières.
D’autres auteurs, comme Goethe ou George Sand, explorent ce thème à travers des dilemmes existentiels ou des tragédies sociales. Les citations soulignent l’émotion et la fragilité humaine face à l’adversité, révélant sa dimension universelle. Cette notion s’entrelace avec des thèmes comme le désespoir ou la compassion, reflétant des tensions profondes dans l’expérience humaine.
Citations sur “infortune”
Ernst Pitawall, Les épouses infortunées de Henri VIII, roi d'Angleterre… (1878)
“ Sans -nul doute, et si vous ne l'avez pas remarqué, cela prouve que vous ignorez les douleurs de l'infortune ; votre cœur n'a pas encore tremblé sous le vent rigide qui vient glacer les espérances de la vie. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ C’est sans le vouloir, peut-être ; mais cela est... Oh ! si vous saviez combien ceux qu’une longue infortune a accablés sont douloureusement susceptibles et impressionnables ! Tenez, tout à l’heure, j’ai vu deux grosses larmes rouler dans ses yeux. ”
Edmond Plauchut, Revue des Deux Mondes
“ L’infortuné est contraint d’escalader les fenêtres ou de s’ouvrir un passage par les toits. Plaignez-le, car ce jour-là peut-être, pour la première fois de sa vie, il porte des souliers, et chacun de ses pas est une souffrance. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Horreur ! horreur qu’aucune âme humaine ne peut comprendre ! plus d’une créature plongée dans l’abîme d’une telle infortune ! Et la première, dans les tortures de la mort, n’a pas suffi pour racheter les péchés des autres, aux yeux de l’éternelle miséricorde ! La souffrance de cette seule créature dessèche la moelle de mes os, et dévore rapidement les années de ma vie ; et toi, tu souris tranquillement à la pensée qu’elle partage le sort d’un millier d’autres ! ”
Sophie Cottin,
Claire d’Albe
(1798)
“ Au milieu de cette foule de malheureux qui fourmillent dans les grandes villes, comment distinguer le fourbe de l’infortuné ? On commence par se fier à la physionomie ; mais bientôt revenu de cet indice trompeur, pour avoir été dupe des fausses larmes, on finit par ne plus croire aux vraies. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1886)
“ Peux-tu donc exiger de l'infortuné dont la vie s'éteint peu à peu sous l'action sourde et lente mais irrésistible de la maladie, qu'il mette fin sur- le-champ à ses souffrances par un coup de poignard? ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Le désespoir est sans aiguillon, le néant sans terreurs. Mais les jours où, avec un souffle tiède de l’air, un rayon pur du matin, se réveille en moi une velléité d’existence, je suis le plus infortuné des êtres. L’effroi, l’anxiété, le doute, me rongent. Où fuir ? où me réfugier ? Comment sortir de ce marbre qui, selon la belle expression du poëte, me monte jusqu’aux genoux, et me retient enchaînée comme le sépulcre retient les morts ? Eh bien, souffrons ! Cela vaut mieux que de dormir. Dans ce désert pacifique et muet, la souffrance s’émousse, le cœur s’appauvrit. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Historiettes, Contes et Fabliaux
“ L’infortunée ouvrant les yeux en même temps que le soleil commence à luire, troublée de l’état affreux où elle se voit, se tâte, s’interroge et se demande à elle-même si elle est morte ou si elle est en vie ”
Sophie Cottin,
Claire d’Albe
(1805)
“ L 2 244 CLAIRE D'ALBE. pas pour qu'il exhalât ses transports, pour l'entendre pousser des cris aigus, pour le voir se livrer à un désespoir forcené ! combien cet état serait moins effrayant que celui où il est ! Concentrant dans son sein toutes les furies dé l'enfer , elles le déchirent par cent forces diverses, et ces blessures qu'il renferme , s'aigrissent , s'enveniment sur son coeur , et portent dans tout son être des germes de destruction. L'infortuné mérite votre pitié, et quelle que fût son ingratitude envers vous , son supplice l'expie et l'emporte sur elle. ”
Émile Livet, Les agonisants : 1917-1922 (1924)
“ Où j'étais proscrit : — Mal et maladie, Doute, anxiété, Morne tragédie, — Je l'ai donc été, Cette âme affadie, Ce cœur hébété ? V Hélas ! même encore Aujourd'hui le mal Décevant, fatal, Qui brûle et dévore Mon sang et ma chair, — Ce mal est d'enfer ! Et ma vie étique Toujours ci-inclus Est de plus en plus Molle et frénétique : Mon corps n'en peut plus ! VI Mais si l'âme libre, Qu'importe, ô mon Dieu ? Faites, ô mon Dieu, Que cet équilibre Que j'ai, peu à peu, Avec maladresse, Mais avec tendresse, Humblement conquis, Me demeure acquis!... ”
Sophie Gay,
Ellénore
(1846)
“ Pourquoi Tes agitations de l’incertitude, la crainte d’une trahison, les prévisions d’un malheur humiliant, sont-ils nécessaires à la vie de son âme ! à cette fièvre qu’on ne peut ni donner, ni éteindre, qui n’aît d’un regard, qui vît d’obstacles, de tourments, d’injures, et qui, jouet de la fatalité, n’obéit qu’à elle. ”
Chéri Allais, Poésies de coeur et d'enfance, par Chéri Allais… (1879)
“ Plus de repos ! plus rien ! que le souci rongeur Qui couvrira , parfois , d'une faible rougeur Les traits décolorés de ta face blêmie ! La souffrance , souvent, suit de près l'infamie. Tes doigts se crisperont sur ta poitrine en feu ; Tour à tour , blasphémant, et puis invoquant Dieu Tu te reconnaîtras au milieu des tortures , La plus vile parmi les viles créatures ! Tordue et déchirée aux griffes des remords Tu ne pourras mourir sans souffrir mille morts ; Une voix incessante, en ton coeur , en ton âme, Te criera nuit et jour : Infâme ! ”
“ O Douleur, détresse de l’âme, déception, désespoir, bien souvent nous avons prononcé votre nom légèrement au cours des journées difficiles ou moroses, mais ce n’était pas la Douleur. Ceux qui vous possèdent réellement, qui communient de vous, se taisent. Muets, ils connaissent votre suffocation, vos angoisses, votre lucide, aride hébétement, vos regards sur d’infinis déserts. Ils ne respirent plus sur tout l’espace que ce nuage de fumée touffue, meurtrière, qui envahit soudain la nature quand l’éclat de la dynamite a fendu en deux la montagne. ”
Ernest La Jeunesse,
L'Holocauste: Roman Contemporain
“ J'ai la lèvre pleine et meurtrie encore des baisers de ma maîtresse, j'ai les mains fiévreuses de caresses anciennes, de caresses proches et des caresses aussi qu'elle me vole en ce moment, j'ai le corps las du poids du corps ami, j'ai cette femme dans les yeux, dans les lèvres, dans les mains, dans le cœur, dans le sang, puisqu'il faut, en amour, parler comme les charretiers, et, de ma douleur énorme, de ma douleur massive, de ma douleur brutale et bestiale, s'élève une douleur plus haute, une douleur [Pg 267] plus pure, une douleur pure et si âpre, si profonde! ”
Gérard de Nerval,
Petits châteaux de Bohême
“ Comme un mal dont je suis victime, Comme un poids jeté sur mon cœur ! Dans le chagrin qui me dévore, Je vois mes beaux jours s’envoler... Si mon œil étincelle encore C’est qu’une larme en va couler ! ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Mais quand la douleur, une douleur intense et formée d’éléments divers s’empare de vous à ces mêmes heures où la raison engourdie laisse pendre, lâches et flottantes, les rênes de l’imagination, l’âme ne sait point combattre, et fléchit, énervée, sous le faix lourd du découragement. ”
Benjamin Constant,
Adolphe
(1913)
“ Je vis, spectacle humiliant et déplorable ! ce caractère énergique et fier recevoir de la souffrance physique mille impressions confuses et incohérentes, comme si, dans ces instants terribles, l'âme, froissée par le corps, se métamorphosait en tous sens pour se plier avec moins de peine à la dégradation des organes. ”
Oger Laurent, Trois semaines aux ambulances. Impressions d'un infirmier volontaire… (1879)
“ Un de ces malheureux me saisit d'effroi, de pitié et d'horreur. Il avait eu la jambe droite emportée, et sans doute que le moignon n'était pas convenablement pansé, car le pauvre patient poussait des gémissements à faire frémir; la douleur et la rage étaient peintes sur sa figure et se manifestaient dans les cris ou plutôt dans les hurlements qu'il faisait entendre. Je n'ai jamais vu de créature humaine en proie à de plus atroces souffrances, à un plus terrible désespoir. ”
Charles Dickens,
Vie et aventures de Nicolas Nickleby
“ Ces exclamations frénétiques où se mêlaient à la fois, d’une manière risible et bizarre, la crainte, la douleur et la rage chez ce misérable, frappé d’une terreur panique, descendirent bientôt du ton des cris les plus aigus aux murmures plaintifs d’un lâche désespoir, entrecoupés de temps en temps d’un hurlement nouveau, chaque fois que ses recherches dans le coffre amenaient la découverte de quelque perte nouvelle. ”
Paul Albert, La littérature française au dix-septième siècle (1873)
“ Et ce travail qui suffirait à donner le vertige à la raison la plus ferme, il le poursuit sous l'aiguillon de la douleur, dans les longues heures des nuits sans sommeil, à travers les défaillances du corps, les angoisses et les ravissements de l'âme. Quand ses maux lui laissent quelque répit, il en réveille en lui la sensation, en frappant sur une ceinture garnie de pointes, qui entrent dans sa chair. ”
“ Penser que tout ce qui est agitation pour moi est peut-être souffrance pour cette créature vivante et invisible, que mes craintes peuvent lui être des douleurs, mes douleurs des angoisses, mes angoisses la mort! ”
Dante Alighieri,
La Divine Comédie
“ Si tu as quelque souvenir de tes désastres et quelque sens, tu verras que tu ressembles à cette malade qui ne peut trouver de repos sur sa couche, et qui tâche d’apaiser sa douleur en changeant d’attitude. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust [première partie]
“ Et tu demandes encore pourquoi ton cœur se resserre avec angoisse dans ta poitrine, pourquoi une douleur sourde glace tes membres et y enchaîne le mouvement de la vie? Tu le demandes; et, au lieu de la nature vivante, au sein de laquelle Dieu créa les hommes, tu n'as autour de toi que fumée et moisissure, squelettes d'animaux et ossements de morts! ”
Charles Beauquier,
Philosophie de la musique
(1865)
“ Ainsi la douleur physique rend la voix plus forte, l'élève ou l'abaisse de plusieurs tons, selon le genre de souffrance et selon le tempérament du patient, la douleur morale la fait trembler, l'étouffe, la brise de sanglots; la crainte la rend plus profonde, l'admiration l'allonge, -la colère l'enroue, la joie lui donne un timbre éclatant. ”
Octave Uzanne,
Son altesse la femme
“ J’aurai le courage de tout t’écrire, néanmoins, en dépit de l’anéantissement profond où je me vois plongé et des souffrances qui me ravagent ; la douleur sans larmes saigne abondamment en dedans et j’ai les yeux arides et brûlants. ”
George Sand,
Lettres d’un voyageur
(1837)
“ Ainsi ton corps, aussi fatigué, aussi affaibli que ton cœur, céda au ressentiment de ses anciennes fatigues, et comme un beau lis se pencha pour mourir. Dieu, irrité de ta rébellion et de ton orgueil, posa sur ton front une main chaude de colère, et, en un instant, tes idées se confondirent, ta raison t’abandonna. L’ordre divin établi dans les fibres de ton cerveau fut bouleversé. La mémoire, le discernement, toutes les nobles facultés de l’intelligence, si déliées en toi, se troublèrent et s’effacèrent comme les nuages qu’un coup de vent balaie. ”
Various, L'Illustration, No. 3739, 31 Octobre 1914
“ ROLAND DE MARÈS (Le Temps) . 2LES GRANDES HEURES LES BLESSÉS Comme un cri étouffé, comme un mot d'ordre, comme un frisson qui se propage... en un instant cette phrase: «Voilà des blessés!» court du haut en bas de l'ambulance, traverse les salles ainsi qu'un grand courant d'air agitant tout sur son passage: les pensées, les êtres et les choses, les robes et les rideaux.Les blessés! D'où viennent-ils? Peu importe. Du feu. Cela suffit. On ne les attendait pas et cependant leur arrivée ne cause aucune surprise, car on les espère toujours. Ils n'ont pas d'heure. ”
André Léo,
Musée littéraire, choix de littérature
“ Cette femme est en danger de mort, la douleur l’a terrassé la fièvre s’empare de son cerveau, et vous venez juger son délire ! Mais vous qui vous posez en juges, vous ignorez donc l’humanité ? Ne savez-vous point ce que font de nous la douleur et la maladie ? ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Atteint d’une maladie douloureuse, il en supporta les longues et cruelles angoisses avec une sérénité stoïque. (Mignet.) Ah ! si dans mes tourments vous descendiez, mon père, Je vous arracherais des larmes de pitié, Les angoisses du corps n’en sont qu’une moitié. C. Delavigne. — Fig. Douleur morale profonde, affliction mêlée d’inquiétude, de crainte : Vivre dans d’extrêmes, de mortelles ANGOISSES. Le roi de France avait grande angoisse au cœur, quand il voyait ses gens ainsi desconfire. ”
Alpinus, Quelques pages sur Léon Roches (1898)
“ Une douleur immense, aujourd'hui, nous envahit tous quand nous abaissons nos regards jusqu'aux misères, jusqu'aux ignominies du présent. Avec tous les abaissements, toutes les hontes et tous les périls. Sous nos pieds, le sol tremble et nous éprouvons des terreurs ”
Edgar Allan Poe,
Contes grotesques
“ Il dut avoir parcouru toute la gamme de la souffrance humaine, de la faim au spleen, de la douleur dégradante à la douleur exquise la plus aiguë. Assurément peu d’hommes ont plus enduré et étaient plus finement organisés, que lui, pour souffrir. ”
Louis Moreau, Du matérialisme phrénologique (1843)
“ D'où vient ce prompt secours des autres parties, étrangères à cette douleur locale? c'est que toute l'âme ressent cette douleur, et pour être, en quelque sorte, toute présente à l'organe blessé, elle ne se retire pas des autres organes dont elle détermine la sympathie et le concours au soulagement d'une souffrance qui, physiquement, ne les touche point. ”
Léonce Depont, Revue des Deux Mondes
“ Tout demeure imprégné d’irréelles couleurs : Mais, comme s’il neigeait quelque impalpable cendre, Je sens une plaintive angoisse en moi descendre Et la douleur du soir se fondre en mes douleurs. ”
George Sand,
Lucrezia Floriani
“ La douleur les effleure ; je ne sais quel vent souffle sur leurs plaies et les sèche aussitôt. Pourquoi les miennes saignent-elles éternellement ? Pourquoi la première douleur de ma vie, au lieu de s’en aller dans la nuit de l’oubli, est-elle toujours devant mes yeux, terrible et vivante comme le sang prolifique de l’hydre ? Pour tous les humains, le malheur est une hymne funèbre qui passe, et dont les notes se perdent peu à peu dans l’éloignement ; quand la dernière s’envole, l’oreille n’en conserve pas le son. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes (1859)
“ Le malade, à qui l'on vient d'amputer un bras, croit y sentir de la douleur. Qui de nous n'a traversé en rêve des espaces immenses, tout en restant immobile dans son lit? Écartons ces impressions incertaines, tantôt véridiques et tantôt trompeuses, et ne croyons qu'à l'infaillible raison. ”
W. H. Harrison, Mémoires d'un médecin. Tome 2 (1833-1834)
“ Je contemplais ces ravages avec effroi, lorsque la force du vent me contraignit à tourner la tête de la manière que vous voyez; je ressentis des douleurs affreuses. Je me réveillai, et je m'aperçus avec terreur que mon malheur n'était pas un songe. Ah! 40 MÉMOIRES docteur, quelle calamité ! Qu'ai-je fait pour mériter un pareil sort? Je dois faire peur à voir, n'est-Ce pas? — Certes, vous n'êtes pas beau; mais il y remède à tout. Montrez-moi votre langue...; que je tâte encore votre pouls...Un peu de fièvre : c'est tout naturel. ”
Concert du roi au Louvre : soirée du 6 mai 1841 (1841)
“ De noirs pressentimens mon âme intimidée, De sinistres terreurs est sans cesse obsédée : Le jour blesse mes yeux et semble s'obscurcir ; J'éprouve l'effroi des coupables, Je crois voir sous mes pas la terre s'entr'ouvrir Et l'enfer prêt à m'engloutir Dans ses abîmes effroyables. ”
Auguste Filon, Éléments de rhétorique française… (1854)
“ Tout ce que la plus vive douleur peut faire, et par des convulsions, et par des évanouissements, et par un silence mortel, et par des cris étouffés, et par des larmes amères, et par des élans vers le ciel, et par des plaintes tendres et pitoyables, elle a tout éprouvé. ”
“ L'état d'épuisement nerveux, où le surmenage et le chagrin l'avaient réduit, le livrait, sans résistance possible, à cette hantise de la folie et de la mort. Toutes les sensations morbides qu'il éprouvait, la fatigue immense à son lever, les bourdonnements, les éblouissements, jusqu'à ses mauvaises digestions et à ses crises de larmes, s'ajoutaient, une à une, comme des preuves certaines du détraquement prochain dont il se croyait menacé. ”
J.-P. Galiay, Cours d'hygiène élémentaire à l'usage des élèves-maîtres de l'école normale du département des Hautes-Pyrénées… (1847)
“ Avec la douleur, au contraire, naissent tous les sentiments de l'humiliation, tels que la tristesse, la supplication, le chagrin, le découragement, la honte, la pusillanimité, résultat de la crainte, de l'ennui, et souvent du funeste désespoir. ”
Barnabé Chauvelot, Extinction de l'idée révolutionnaire… (1852)
“ La douleur pénètre dans votre coeur et le brûle, de même qu'elle pénètre dans votre intelligence et la brûle, de même qu'elle pénètre dans vos veines et les brûle; et vous ne lui demandez pas quelle mission elle remplit et qui vous l'envoie ? ”
Alfred de Musset,
La Confession d’un enfant du siècle
(1891)
“ Toute la nature souffre par ces temps; les arbres s'agitent avec douleur ou courbent tristement la tête; les oiseaux des champs se serrent dans les buissons; les rues des cités sont vides. Ma blessure me faisait souffrir. La veille encore, j'avais une maîtresse et un ami; ma maîtresse m'avait trahi, mon ami m'avait étendu dans un lit de douleur. ”
