Résumé

Oger Laurent Trois semaines aux ambulances. Impressions d'un infirmier volontaire… (1879)

Or, il se faisait que deux de ces officiers avaient été blessés le même jour, à la même heure, et, ce qui est plus surprenant, l'un en face de l'autre, peut-être même l'un par l'autre ; cependant ils sympathisaient et cherchaient à se consoler, à se rassurer mutuellement sur la gravité de leurs blessures.
Qu'on s'explique après cela la fureur des combattants et l'acharnement que mettent les hommes à s'entre-tuer sur les champs de bataille !.
Il est une chose à laquelle ceux qui décident de la guerre ne songent pas : c'est aux larmes qu'on verse dans le monde, le lendemain d'une victoire !
Source : Gallica

Oger Laurent Trois semaines aux ambulances. Impressions d'un infirmier volontaire… (1879)

Oh ! la guerre est une chose impie! Tenez, je vais retracer une scène épouvantable qui s'est déroulée à Forbach, et dont je garderai longtemps le poignant souvenir.
Un officier prussien avait été tué et enterré avec plusieurs centaines de soldats dans une grande fosse. Huit jours après la bataille, sa femme, ayant appris sa mort, était accourue à Saarbruck; elle voulait retrouver le cadavre de son mari pour le ramener dans le tombeau de sa famille. Pendant une semaine, l'infortunée fit les plus pénibles démarches pour découvrir l'endroit où l'on avait enterré son malheureux époux.
Source : Gallica

Oger Laurent Trois semaines aux ambulances. Impressions d'un infirmier volontaire… (1879)

Ce fut alors une bagarre indescriptible et doublement horrible : d'un côté des soldats armés obéissant à la voix de leur chef, bousculent, culbutent et frappent à coups redoublés, de malheureux prisonniers épuisés par la fatigue, la douleur et la faim, et dont tout le crime est d'avoir été trahis par la victoire; ceux-là crient : « vorwart, vorwart », ceux-ci répètent : « J'ai faim! j'ai faim! »
Source : Gallica

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