Résumé

Henri Soret Notes d'un volontaire au 50e de ligne (1872)

A droite brûlent de grands feux sur lesquels bouillent d'énormes marmites : c'est le repas des Prussiens. A gauche, il y a des bancs en bois; quinze hommes ont une gamelle pleine de bouillon où surnagent quelques morceaux de viande ; je veux opérer le partage de celle-ci, je le fais mal, et. je reste sans portion.
Nous regagnons notre camp, je vois battre un soldat par un prussien qui lui vole son couteau, et je rentre dans ma tente, le cœur ulcéré. Je rêve pendant toute la
nuit aux moyens d'échapper aux mains de nos vainqueurs.
Source : Gallica

Henri Soret Notes d'un volontaire au 50e de ligne (1872)

Le caporal en campagne n'est guère que le pourvoyeur et le distributeur des vivres. Quand il est de semaine, c'est lui qui doit acheter ce qui est nécessaire à la compagnie ; il est exposé aux soupçons parce qu'on l'accuse de spéculer sur ses hommes, et d'exagérer le prix des vivres en empochant le surplus de l'argent ; dans l'argot du soldat cela s'appelle faire du fourbi. Ceux auxquels il a affaire sont si maladroits, qu'ils l'accusent presque toujours à tort et se laissent attraper sans s'en apercevoir.
Source : Gallica

Henri Soret Notes d'un volontaire au 50e de ligne (1872)

Nous traversons la ville pour camper dans un champ entouré d'une muraille à demi-ruinée, mais bordée de fantassins dont les regards nous épient. La pluie était tombée à verse. Impossible de décrire ce cloaque où des milliers de malheureux avaient campé avant nous; partout du fumier et des ordures. Nous étendons à terre des pierres plates et des tuiles pour nous préserver de la saleté; nous plantons avec peine nos tentes soulevées par des rafales de vent.
Source : Gallica

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