Résumé

Un mois dans les lignes prussiennes… (1870)

Ainsi les Prussiens étaient prévenus par leurs espions de la sortie que devait faire Bazaine le lendemain. Dès le point du jour, la canonnade avait retenti du côté de Metz ; elle allait toujours croissant dans la journée; par instant même le bruit semblait se rapprocher tellement que nous espérions voir apparaître notre brave armée. On ne se figure pas l'émotion que l'on éprouve quand on assiste de loin à une bataille que l'on ne peut voir, mais dont on entend distinctement les bruits; parmi ces bruits, il n'en est pas de plus sinistre que celui que produit la mitrailleuse.
Source : Gallica

Un mois dans les lignes prussiennes… (1870)

Avertis par leurs éclaireurs, les ennemis passent la Meuse pendant la nuit, tournent les bois et vers midi attaquent notre camp à l'improviste. Pendant un instant, c'est une épouvantable confusion, les cavaliers courent après leurs chevaux, les fantassins cherchent leurs armes; une demiheure s'écoule dans un désordre inouï et sous le feu.
Notre artillerie répond enfin à cette surprise; au bout de trois heures d'une lutte meurtrière de part et d'autre, notre armée est dégagée ; les ennemis ne poursuivent pas. Que leur importait? Ils savaient que le prince royfil était aux abords de Sedan.
Source : Gallica

Un mois dans les lignes prussiennes… (1870)

Qui n'a pas vu un champ de bataille s'en fait une idée fausse. On ne trouve pas, comme le racontent certains journalistes, des monceaux de cadavres, la terre rougie de flots de sang, couverte des débris de projectiles de toute espèce. Non, à peine voit-on de temps à autre une balle, un morceau d'obus, un boulet qui s'est enfoui en soulevant le sol. Les morts, les blessés sont disséminés; parfois cependant on rencontre plusieurs hommes qu'un même coup a frappés.
Source : Gallica

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