Blanche Sari-Flégier,
La suprême espérance : poésies
(1896)
“ Brûlant mois d'Août, tu te recueilles, en extase, Sur le sein de la terre où s'entasse le blé... Et, d'un oeil alangui, tu suis le défilé Des gerbes, sur les champs que le soleil embrase... Et leur poussière met, comme une fine gaze, Tout autour de la grange où leurs tas ont croulé... Mois d'Août, repose-toi, sous le Ciel étoile... Car il est terminé le labeur qui t'écrase! Ceins ton front en sueur de pampres et de fruits... Endors-toi, calme... et rêve aux mystérieux bruits Qui montent, doux soupirs, du coeur de la campagne. ”
