Louis Legendre

Résumé

Louis Legendre Le Son d'une âme (1895)

Quand viendrait demain le reflux Qui doit te remporter dans l'ombre,
Aujourd'hui que tu vis, tu dois Avoir peur de ton propre blâme : Il faut faire oeuvre de tes doigts, Il faut faire oeuvre de ton âme.
Plus tard tu te reposeras ;
Mais tu ne peux, saus être un lâche, Jeter l'outil, croiser les bras,
Tant que tu n'as pas fait ta tâche...
« Inutile ! » Qui te l'a dit ?
Pour la science sérieuse,
Toujours l'horizon s'agrandit ;
Tout a sa fin mystérieuse !
Lève les yeux au firmament :
Regarde ! Un astre d'or y passe, Inconscient du mouvement Qui l'emporte à travers l'espace.
Source : Gallica

Louis Legendre Le Son d'une âme (1895)

Puis faisaient derrière eux flotter sur l'horizon,
Comme un drapeau de pourpre, un long rideau de flamme : Tel Phoebus qui s'en va la colère dans l'âme,
Phoebus, le dieu charmant, subitement cruel,
Phoebus a dans sa fuite incendié le ciel !
Longtemps la lueur rouge a baigne l'étendue :
La Nuit est maintenant tout à fait descendue,
Et sous sa nappe d'ombre a noyé sans retour Tous les coins où brûlait encore un peu de jour. C'en est fait des couleurs, des formes illusoires : Le monde entier n'est plus qu'un tas de choses noires : Tout est silencieux, et tout semble détruit !
Source : Gallica

Louis Legendre Le Son d'une âme (1895)

Cette nuit il a fait de l'orage ; le vent Se ruait comme un fou sur la maison fermée. Tranquille, tu dormais ; moi j'écoutais, rêvant : Ton souffle pur, à peine ouvrait ta bouche aimée.
Comme il devait pleuvoir et faire froid dehors ! Chère, de tes yeux clos je n'avais pas la flamme, Mais près, tout près de toi je me réchauffais l'âme A la chaleur égale et tiède de ton corps !
Le cyclone avait beau promener les désastres. Je t'avais pris la main : quoi qu'il dût advenir, J'étais calme, étant sûr que la chute des astres Pouvait nous écraser mais non nous désunir.
Source : Gallica

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