Raphaël Damedor

Résumé

Raphaël Damedor Mélancolies, sonnets (1866-1889… (1893)

La nature est prodigue en sereines images, Mais il glisse en mon coeur un frisson du trépas.
Vallons silencieux, verdoyants pâturages, Dont les tapis de fleurs s'entr'ouvraient sous nos pas, Forêts qui sur ma tête épanchez vos ombrages, Voyez, j'attends encore... et lui seul ne vient pas!
Poète aux vers émus cadencés avec nombre, Es-tu moins aujourd'hui que le rêve d'une ombre? Tout serait-il néant, même ton souvenir?
Non ! l'immortalité n'est point un vain mystère : Pour relier ces noeuds commencés sur la terre, Il reste, ô mon ami, la tombe... et l'avenir!...
Source : Gallica

Raphaël Damedor Mélancolies, sonnets (1866-1889… (1893)

Aux lueurs do la poésie, Je viens de les sculpter pour loi.
Hier, lu cultivais les myrtes et les roses ; Tu couronnais l'amour d'un prisme radieux ; Tu chantais la beauté, sirène aux lèvres roses ; Ou faisais ruisseler tes pleurs mélodieux.
Aujourd'hui, tu défends la plus sainte des causes; Tu combats en lutteur tout despote odieux ; Tu vois l'homme grandir dans ses métamorphoses ; Et tu foules du pied la poussière des dieux.
Sois fier de ton burin, sois fier de ta palette : Ton génie est parfait et ta gloire est complète ; Tu réunis en toi le barde et le penseur.
Source : Gallica

Raphaël Damedor Mélancolies, sonnets (1866-1889… (1893)

POUR NOUS, ENFANTS DU BEAU
Pour nous, enfants du beau, que l'art divin convie, La musique des sons, des formes, des couleurs. Dieu ne prodigue pas au gré de notre envie, Au ciel trop de soleils, sur terre trop de fleurs.
Et la foule qui passe aux besoins asservie, Des fruits de l'idéal ignorant les saveurs, "Devant notre dédain des choses de la vie, Dans les hommes sacrés ne voit que des rêveurs.
Rêveurs ! mais nos chefs-d'oeuvre, en leurs grâces fictives, Sont des emprunts choisis aux beautés objectives : Le positif se mêle aux saintes visions.
Source : Gallica

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