Raphaël Damedor, Mélancolies, sonnets (1866-1889… (1893)
“ La nature est prodigue en sereines images, Mais il glisse en mon coeur un frisson du trépas. Vallons silencieux, verdoyants pâturages, Dont les tapis de fleurs s'entr'ouvraient sous nos pas, Forêts qui sur ma tête épanchez vos ombrages, Voyez, j'attends encore... et lui seul ne vient pas! Poète aux vers émus cadencés avec nombre, Es-tu moins aujourd'hui que le rêve d'une ombre? Tout serait-il néant, même ton souvenir? Non ! l'immortalité n'est point un vain mystère : Pour relier ces noeuds commencés sur la terre, Il reste, ô mon ami, la tombe... et l'avenir!... ”
