Mario Mazzolani

Résumé

Mario Mazzolani Soupiraux et meurtrières, poèmes (1930)

Le monde intérieur, seul en qui Dieu s'atteste, Que sa voix seule ébranle et met en mouvement — Astre silencieux, prompt et docile au geste Qui lui dicte l'espoir tout en l'orientant.
L'homme qui, sacrilège, en pénètre et viole La candeur cristalline ou, comme un vil gluau, L'entrave et le retient hors de la parabole,
Celui-là seul commet le crime le plus haut.
Ce crime, qu'oublia ta foudre vengeresse,
C'est d'arracher la plante ou de froisser la fleur A peine née au point du jour de la tendresse Dans cet enclos divin qu'est un tout jeune coeur.
Source : Gallica

Mario Mazzolani Soupiraux et meurtrières, poèmes (1930)

Jalouse jadis des heures qui m'ont fui, tu ne me verras point envieux de celui, quel qu'il soit, que tu vas choisir, demain peut-être, selon toi pour vassal et, malgré toi, pour maître. Sentant ce corps de vierge en ses bras défaillir, il ne doutera pas qu'il ne t'ait tout entière ; mais l'étonnement seul fait le prix du désir, et ton âme est déjà quelque peu minaudière... Il aura ton amour vrai pour garant du sien, et, te rendant heureuse, il ne songera point qu'un seul trésor nous est livré par la caresse : la fleur même de notre incomprise tendresse...
Source : Gallica

Mario Mazzolani Soupiraux et meurtrières, poèmes (1930)

Moi, juge qui brandis, tranchants comme des sabres, les arrêts sans appel d'un droit seigneurial, j'aime à me châtier par des pensers macabres, tel un sire caduc du noir Escurial.
A jamais préservé des langueurs romantiques, mon rêve fuit du vain espoir l'obsession, et parfois anticipe, en un vol fatidique, sur l'heure proche de ma dissolution,
lorsque je serai mort, tel un héros en guerre, de mon jeune idéal embrassant le drapeau, et que, sans battements, devra fondre en la bière mon coeur blet sous la dalle oblongue du tombeau.
Source : Gallica

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