Louis Tiercelin

Résumé

Louis Tiercelin Les impressions, les rêves (1891)

Mais, lentement, le ciel triste, les mers sauvages, Pénétrèrent mon cœur de solennels effrois; Et ma jeunesse en deuil erra sur les rivages Où des menhirs païens sont mêlés à des croix.
Nul ne peut échapper à l'attrait du mystère, Devant les vastes flots et l'infini du soir : La pensée est plus grave et l'âme plus austère, Et l'homme est soulevé par un immense espoir.
Le soleil, reculant à l'horizon sans bornes, Fait rêver les regards d'une autre immensité; La mort semble guetter au bord des écueils mornes ; D'immobiles granits parlent d'éternité.
Source : Gallica

Louis Tiercelin Les impressions, les rêves (1891)

Quelques rêveurs s'en vont les yeux sur les étoiles: Or, ces mondes lointains ont aussi leurs mortels, Qui, cherchant comme nous l'absolu sous ses voiles, A leur rêve céleste élèvent des autels.
Si sous le joug du mal ils ont courbé la tête, A-t-il fallu que Dieu, volontaire martyr, Allât porter sa croix de planète en planète, Épanchant à jamais le sang du repentir ?
La terre n'est qu'un point dans l'insondable espace: Et le soleil levant en son royal dédain N'est plus, à nos regards, le grand flambeau qui passe Sur l'immuable paix d'un terrestre jardin.
Source : Gallica

Louis Tiercelin Les impressions, les rêves (1891)

Terre où les paysans ont l'âme douce et grande, Où l'infini des flots sous l'infini des cieux, Attirant malgré lui le pâtre de la lande, Met un chant à sa lèvre, un rêve dans ses yeux.
Alors il vous admire en son âme naïve, Vous, l'homme des cités et le poète instruit, Qui pouvez prendre au vol la beauté fugitive Ou dans un vers profond donner la voix au bruit.
Mais poètes, bergers, tous ignorent l'envie; Tous les chanteurs d'Arvor ont le cœur généreux; Tous, unis par l'amour, séparés par la vie, Ont le cœur assez grand pour se comprendre entre eux.
Source : Gallica

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