Ludovic Jan

Résumé

Ludovic Jan,  Dans la bruyère

“ Terre où les paysans ont l’âme douce et grande,
Où l’infini des flots sous l’infini des cieux,
Attirant malgré lui le pâtre de la lande,
Met un chant à sa lèvre, un rêve dans ses yeux.
Alors il vous admire en son âme naïve,
Vous, l’homme des cités et le poète instruit,
Qui pouvez prendre au vol la beauté fugitive
Ou dans un vers profond donner la voix au bruit.
Mais poètes, bergers, tous ignorent l’envie ;
Tous les chanteurs d’Arvor ont le cœur généreux ;
Tous, unis par l’amour, séparés par la vie,
Ont le cœur assez grand pour se comprendre entre eux.
”
Source : Wikisource

Ludovic Jan,  Dans la bruyère

“ Et Pierrot tend les mains à la poussière d’or...
Sur les déserts de glace, au fond de la ravine,
Se disperse toujours la semence divine,
Sans éveiller l’écho de la terre qui dort.
Levant les yeux au ciel et se heurtant aux pierres,
Tel qu’un fantôme blanc sous le neigeux linceul,
Pierrot court ; dans la nuit il passe, blême et seul :
Et les astres de flamme empourprent ses paupières.
Il franchit les torrents, il gravit les sommets...
Allumant dans sa chute un rose crépuscule,
Sous les cieux plus profonds le poudroiement recule,
Chaque astre tombe, luit, et s’éteint à jamais.
”
Source : Wikisource

Ludovic Jan,  Dans la bruyère

“ De l’ombre bleue où tout s’enveloppe et s’endort ;
Au firmament déjà la lune tend ses toiles,
Où viennent s’accrocher, comme des mouches d’or,
Le lumineux essaim des tremblantes étoiles.
Soudain, la nuit plus noire a croulé comme un poids
Lourdement sur le cœur inquiet du poète.
Il se dresse, sentant, par tous ses membres froids,
S’enrouler le frisson de cette horreur muette
Où ses yeux ont perçu d’invisibles effrois.
Et puis, voici le jour. Des lumières très douces
Se forment et bientôt se détachent dans l’air
Sur les arbres, sur les buissons et sur les brousses
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature