Maurice Olivaint

Résumé

Maurice Olivaint Poèmes de France et de Bourbon (1905)

Cardinaux et martins, avec des cris charmants, Cinglent par longs circuits vers leurs appartements Faits de rameaux en fleur que la brise balance. Puis, leur chanson s'endort; c'est le soir, le silence; Sur la mer, le soleil meurt baigné de carmin. J'attire mon amie, en lui pressant la main, Vers le sofa de soie, auprès de la fenêtre; Dans l'ombre qui grandit nous goûtons le bien-être D'un amour que mon coeur voudrait croire éternel. Des essaims de vapeurs roses courent le ciel Où mon regard, errant de nuage en nuage, Suit leur vol gracieux d'oiseaux d'or en voyage.
Source : Gallica

Maurice Olivaint Poèmes de France et de Bourbon (1905)

AMI, vous trouverez peut-être que mon rêve Souvent vers vous s'exhale en un poème amer : Hélas ! c'est qu'à mes pieds j'entends gémir la mer Qui brise tristement sa lame sur la grève.
Vous vivez sur les monts, où, se gonflant de sève, L'âme se rassérène aux purs souffles de l'air : C'est pourquoi votre esprit, harmonieux et clair, Vers le limpide azur joyeusement s'élève.
Aux bords des continents qu'ils effleurent, les flots Recueillent nos désirs, nos regrets, nos sanglots, Et toutes les douleurs passent dans leurs murmures
Source : Gallica

Maurice Olivaint Poèmes de France et de Bourbon (1905)

ORGUEILLEUX diamant sur le front clair du jour, Le soleil se ternit aux doigts du crépuscule; Sous de longs voiles blancs, au bord des flots, ondule Un vol triste et muet d'âmes veuves d'amour.
Devant l'astre mourant, le noir cortège pleure
Des regrets sans espoir et des espoirs déçus;
Et les illusions, déchirant leurs tissus,
Montrent à nu leur sein dont le charme est un leurre.
Les suprêmes rayons s'écroulent dans la mer; Oh! vois-les s'y dissoudre ainsi que la poussière D'un rêve qui se brise au fond d'un coeur amer!
Source : Gallica

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