Pierre Alexis Ponson du Terrail,
Pas-de-chance. 1, Mémoires de deux saltimbanques
(1866)
“ Le navire tourna sur lui-même ; un matelot coupa d'un coup de hache l'amarre de la pirogue, qui se mit à danser sur la lame, au grand étonnement des gens de la suite du prince, qui n'étaient pas dans le secret de la vengeance du roi nègre. Le Fowler vira de bord ; deux de ses sabords s'illuminèrent, crachant une pluie de fer et de feu dans la pirogue. Et la pirogue coula bas et disparut sous les vagues, avec ses morts et ses blessés. Alors le Fowler s'élança, toutes voiles dehors, vers la haute mer, comme un étalon fougueux qui brise ses liens pour retourner au pâturage. ”
