Émile Louis Bruno Bruneau de Laborie

Élements biographiques

Émile Louis Bruno Bruneau de Laborie Du Cameroun au Caire par le désert de Libye

J’aperçois dans un arbuste une sauterelle pointillée [239] de jaune et de noir, sans ailes, et, toujours curieux des insectes, je m’absorbe dans sa contemplation. Elle m’a vu aussi, mais, paresseuse, elle se contente de tourner autour de la branche, pour mettre celle-ci entre elle et moi. J’approche ma main, elle ne bouge pas. A ce même moment, j’ai l’impression que Somali, derrière moi, a fait un mouvement. Je me retourne ; son visage exprime l’épouvante. Il regarde fixement dans la direction du buisson sur lequel se trouve la sauterelle et, de son bras allongé vers moi, me tend mon fusil.
Source : Gutenberg

Émile Louis Bruno Bruneau de Laborie Du Cameroun au Caire par le désert de Libye

Après une demi-heure de marche dans le sable d’un nouvel espace nu, nous sommes au commencement de Djof ; je vois un groupe étendu de quadrilatères de murs bas, ternes et gris, irrégulièrement répartis sur la pente douce d’une large éminence sans végétation. Une vaste palmeraie s’étend au pied de cette pente, et des étangs d’eau salée miroitent à travers ses arbres. Le sol est revêtu lui-même, par endroits, d’une couche de sel abondante. Nous laissons le village à notre droite. La piste, contournant l’éminence, passe entre les cases et la palmeraie, puis entre dans celle-ci.
Source : Gutenberg

Émile Louis Bruno Bruneau de Laborie Du Cameroun au Caire par le désert de Libye

Ce sont constamment des orages, des averses longues et monotones ; sous un ciel gris d’automne, de larges flaques d’eau noient l’herbe courte et verte, baignant le pied des épineux au feuillage grêle ; l’air est humide et sans chaleur. C’est aussi le temps des souvenirs, des heures de tristesse.
Chaque jour maintenant, à l’arrivée, je fais allumer un feu dans ma case. Il chauffe, éclaire et égaye à la fois. Lorsque le temps est particulièrement frais, j’invite trois petites indigènes, qui sont parmi les conducteurs des bœufs, à venir se réchauffer quelques instants à sa flamme.
Source : Gutenberg

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