Cécile Gilson, Celles qui sont restées
“ Parfois, je vais voir Denis ; Denis a les yeux de Jean et le regard de sa mère ; il a la voix de Jean et le langage de Colette. Ces réminiscences travesties de Jean me sont insupportables. Il a de Jean les raffinements excessifs, les dégoûts chatouilleux, les délicatesses d’hermine, mais tournés du côté matériel des choses : Denis change de linge deux fois par jour, se vêt de soie, sursaute aux gros mots, faiblit à la douleur. Il a l’âme puérile, amusée d’un rien, boursouflée de vanité et de désirs menus. Il a le goût intense des petits barons, des armoiries et des couronnes. ”
