Pierre Loti,
Mon frère Yves
(1883)
“ L’arsenal était désert entre ses grands murs. — Personne sur le pont. — Des chants très lointains, arrivant des basses rues de Brest. — Et, en bas, dans le poste de l’équipage, la voix des matelots de garde criant à intervalles réguliers les nombres du loto avec toujours ces mêmes plaisanteries de bord, qui sont très vieilles et qui les font rire : — 22, les deux fourriers à la promenade ! — 33, les jambes du maître coq ! Et mon pauvre Yves était au-dessous d’eux, à fond de cale, dans l’obscurité, étendu sur les planches par ce grand froid avec la boucle au pied. ”
