Pierre Loti,
Les trois dames de la Kasbah : conte oriental
(1884)
“ De toutes les échoppes sortaient des bouffées chaudes; les cabarets envoyaient des odeurs d'anis, d'absinthe et d'eau-devie; les hommes en burnous sentaient le Bédouin, ils laissaient dans l'air des fumées du tabac d'Algérie, des parfums d'Afrique. Et les bains maures exhalaient leurs odeurs de sueur et d'eau chaude. Et toute cette ville suait l'immoralité, la débauche, l'ivrognerie de son dimanche. Gâchis de deux ou trois peuples qui mêlaient leurs luxures, Alger avait le débraillement cynique des lieux qui ont perdu leur nationalité pour se prostituer, s'ouvrir à tous. ”
