Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Les trois dames de la Kasbah : conte oriental (1884)

De toutes les échoppes sortaient des bouffées chaudes; les cabarets envoyaient des odeurs d'anis, d'absinthe et d'eau-devie; les hommes en burnous sentaient le Bédouin, ils laissaient dans l'air des fumées du tabac d'Algérie, des parfums d'Afrique.
Et les bains maures exhalaient leurs odeurs de sueur et d'eau chaude. Et toute cette ville suait l'immoralité, la débauche, l'ivrognerie de son dimanche.
Gâchis de deux ou trois peuples qui mêlaient leurs luxures, Alger avait le débraillement cynique des lieux qui ont perdu leur nationalité pour se prostituer, s'ouvrir à tous.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Les trois dames de la Kasbah : conte oriental (1884)

En cherchant dans l'indécise lueur blanche, ils trouvèrent la porte verrouillée du dehors, et ils sortirent, énervés par toutes ces ivresses de leur nuit.
Le pâle matin les enveloppa de sa fraîcheur saine, de sa lumière timide et virginale. Aucun bruit; tout dormait encore dans la Kasbah ; enveloppée dans ses blancheurs de chaux, elle avait plus que jamais son air de sépulcre.
Où étaient-ils ? Ils s'orientèrent ; ils n'étaient plus ivres. Ils jugèrent qu'ils devaient être très haut au-dessus du port et
de la mer, et ils se mirent à descendre par les pentes raides des petites rues arabes.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Les trois dames de la Kasbah : conte oriental (1884)

Plus rien que la chaux de leurs murs, les vieilles fleurs de leurs carreaux de faïence, les vieilles dalles usées de leur cour, la nudité pauvre et l'éternelle blancheur de leur logis.
Elles avaient dormi par terre, tout habillées, sur des coussins, suivant l'usage oriental. Aussi n'eurent-elles qu'à se soulever, en écartant leurs couvertures algériennes,
pour se trouver toutes prêtes à recommencer une fastidieuse journée.
Source : Gallica

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