Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La Chanson des vieux époux

Une dernière contorsion, très douloureuse, et Kaka-San s’affaissa, la bouche ouverte, le corps tout de côté, à moitié tombée de sa boîte et les bras pendants, comme la poupée d’un guignol de pauvres qui serait au repos, la représentation finie.
Ce petit cimetière ombreux, devant lequel s’était accomplie la scène finale, semblait tout indiqué par les Esprits et comme choisi par la morte elle-même.
On n’hésita donc pas. On embaucha des coolies qui passaient et bien vite on se mit en devoir de creuser la terre.
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Les gens qui s’étaient attroupés continuèrent donc leur chemin vers le temple de la déesse, laissant ces deux mendiants ensemble au milieu de la solitude verte où les cigales chantaient.
Dans le ruisseau d’eau courante et claire, la pauvresse lava tout avec soin, même la boîte et ses roulettes ; les détritus de Kaka-San allèrent féconder les fraîches plantes qui poussaient le long de la rive et les lotus superbes dont les premiers boutons commençaient à monter des vases profondes.
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Ça l’avait prise tout d’un coup en chemin, tandis que Toto-San la traînait à un pèlerinage dans un temple de la déesse Kwanon.
Les bonnes petites âmes, qui s’étaient attroupées par bienveillance autant que par curiosité, se démenaient de leur mieux pour la soigner. C’étaient pour la plupart des gens qui se rendaient, eux aussi, à cette fête de Kwanon, divinité de la Grâce.
Pauvre Kaka-San ! On avait essayé de la remonter avec un cordial à l’eau-de-vie de riz ; on lui avait frotté le creux de l’estomac avec des herbes aromatiques et tamponné la nuque avec l’eau fraîche d’un ruisseau.
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