Résumé

Émile Carrey Récits de Kabylie : campagne de 1857 (1858)

Pendant quelques secondes on voit des burnous blancs onduler comme une houle, au fond des ravins qui les abritent : puis subitement tous se dressent et s'élancent en courant du côté de l'ennemi.
Mais une douzaine de coups de feu partent du premier village.
Tous les Kabyles d'avant-garde s'arrêtent à la fois, font volte-face et courent se raser dans le ravin le plus rapproché. Ceux qui les suivent à distances inégales les imitent; on ne voit plus un seul burnous debout. Le versant de la montagne, un instant couvert de leur foule hurlante, redevient tout à coup immobile et silencieux.
Source : Gallica

Émile Carrey Récits de Kabylie : campagne de 1857 (1858)

Dès le matin le camp de Tamesguida est levé. L'aride montagne se découvre peu à peu des tentes, des chevaux et de la foule qui l'encombraient. Les pierres grises du sol reparaissent tristes et nues, comme avant l'arrivée des troupes.
Chacun dit adieu à ces montagnes, à ce Djurjura neigeux, qu'il ne doit plus revoir. Chacun le regarde d'un dernier regard, comme en partant on suit des yeux la terre de la patrie. Au-dessous du pic même de Tamesguida, les nuages entassés couvrent d'un immense brouillard la Kabylie tout entière ; mais l'horizon d'en haut est limpide et pur.
Source : Gallica

Émile Carrey Récits de Kabylie : campagne de 1857 (1858)

Chaque division a devant elle la position ennemie qu'elle doit enlever, c'est-à-dire une haute crête principale, bordée de contre-forts, hérissée de villages, fortifiée par la nature, et protégée çà. et là par les ouvrages grossiers de ses défenseurs. Au jour, chacune d'elles gravira la montagne placée en face de son camp. Mais, si certains qu'ils soient, les projets humains sont soumis à la nature. Vers le soir, de grands nuages grisâtres défilent, prenant dans leurs brouillards les crêtes des montagnes kabyles. Tout disparaît aux yeux, ennemis, villages, arbres et montagnes.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature