Henri Jacottet, Pensées d'automne, poésies (1904)
“ Le lotus s'exhale au bord des flots clairs, La brise est chaque jour plus tiède et parfumée, Et dans chaque repli de la dune embaumée Le pollen du lotus flotte en jaune fumée. C'est assez de souffrir et d'agir, c'est assez Des vaisseaux de babord à tribord balancés Et des monstres jetant l'écume à flots pressés. Que ce même serment à jamais nous enchaîne : Au pays du lotus coulons nos jours sans peine, Et, comme les dieux, sourds à la misère humaine. ”
