Antoine Vicard

Résumé

Antoine Vicard Les trois jardins de Pierre Loti (1931)

« Les eaux avaient de grandes ondulations lentes, — comme les derniers contrecoups de quelque tourmente formidable qui se serait passée ailleurs, derrière l horizon ; mais dans le champ profond de la vue, où Yann était encore, tout demeurait paisible. »
Loti associe constamment de la sorte le sens de l'infini et du mystère aux modestes détails, pris dans la réalité, qui lui servent à rendre l'état d'âme du spectateur et l'on peut dire que c'est surtout par là qu'il atteint au génie. Nulle rhétorique n'en accorde le pouvoir ; il y faut le don.
Source : Gallica

Antoine Vicard Les trois jardins de Pierre Loti (1931)

Grisé d'acres
odeurs, assourdi par le bruit des sauterelles, on n'y rencontre guère que des papillons d'une chétive espèce, qui titubent, incertains de la direction à prendre pour échapper plus vite à cette atmosphère de forge.
On arrive ainsi à un carrefour. L'une des routes longe le cimetière d'Échillais, village dont la Limoise est l'habitation la plus éloignée. Quel présage de toute l'œuvre de Pierre Loti, cette vision de cyprès funéraires, d'une mélancolie si orientale, qui se dressait soudain devant lui à l'instant de sa meilleure joie !
Source : Gallica

Antoine Vicard Les trois jardins de Pierre Loti (1931)

Promenades en caïque le long des palais du Bosphore qu embaument les roses, mosquées à coupoles d'or et minarets baignés de lumière, fontaines, foule des bazars et silence des vieilles ruelles à cyprès, rêveries sous la lune parmi les tombes de Péra où viennent mourir les bruits du port, on a souvent l'impression de flâner dans l'ombre de Loti.
Autant que la matière traitée la langue s'y prête, caressante et nuancée, d'une délicatesse presque féminine. Ce qui les rapproche surtout, c'est le goût du détail modeste en soi, mais d'une profonde répercussion intérieure.
Source : Gallica

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