Pierre Loti,
Le Roman d’un enfant
“ Et, dans mon rêve, il faisait une demi-nuit, qui n’était pas triste, mais douce au contraire comme la vrai nuit de mai du dehors, douce, tiède et pleine des bonnes odeurs du printemps ; j’étais dans la cour de ma maison, dont l’aspect n’avait rien de déformé ni d’étrange, et, le long des murs tout fleuris de jasmins, de chèvrefeuilles, de roses, je m’avançais indécis et troublé, cherchant je ne sais quoi, ayant conscience de quelqu’un qui m’attendait et que je désirais ardemment voir, ou bien de quelque chose d’inconnu qui allait se passer, et qui par avance m’enivrait... ”
