“ Passants qui de l’humanité s’exilent, C’est ici la montagne d’asile. Pâles yeux du soleil transfuges, Ici c’est la nuit du refuge. Pensées à jamais inquiètes, Voici les purs sommets de la retraite. Voyageurs de la vie et de la terre, Ici s’ouvre le ciel et la magie du mystère. ”
Refuge
Définition et enjeux
Le concept de refuge désigne un lieu ou un état d'abri, physique ou symbolique, offrant protection contre les dangers ou les épreuves. Depuis la Bible, qui le présente comme un asile divin, jusqu'à H.G. Wells, qui en fait un lieu de survie face à l'extraterrestre, les auteurs ont exploré ce thème à travers des dimensions multiples : spirituelle, existentielle ou matérielle.
Dujardin évoque la montagne comme sanctuaire, tandis que Leconte de Lisle l'associe à l'Arche universelle. Ces approches révèlent une quête universelle de sécurité, qu'elle soit terrestre, morale ou métaphysique.
Citations sur le refuge
“ Tu es mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie. " 3 Car c’est lui qui te délivre du filet de l’oiseleur et de la peste funeste. 4 Il te couvrira de ses ailes, et sous ses plumes tu trouveras un refuge. ”
Charles Calemard de La Fayette,
Le Poëme des champs, par Ch. Calemard de La Fayette
(1873)
“ Couva sous les baisers l'éclosion du coeur ! O nid, famille, abri, refuge où toujours tendre, Le bel ange gardien veilla pour nous attendre ! Bonheur des jeunes ans qui ne peut s'oublier, Dont nul autre bonheur n'a su nous délier, Car le plus humble objet dans l'invisible trame Des jours passés, se prend au plus vif de notre âme; Famille, abri, refuge où le plus éprouvé, Dans son meilleur sommeil, a tout au moins rêvé (Puisque le désespoir lui-même en rêve espère) Do voir son premier-né béni par son vieux père ! ”
Jacques Abt, Le bâton du pèlerin : recueil de méditations et de prières pour tous les jours de l'année… (1891)
“ Et chacun d'eux sera comme un abri contre le vent et un refuge contre la pluie, comme des ruisseaux d'eau dans une terre aride, comme l'ombre d'un grand rocher dans un pays désolé. Alors les yeux de ceux qui voient ne seront plus couverts, et les oreilles de ceux qui entendent seront attentives. Le coeur des hommes légers entendra la sagesse ”
H. G. Wells,
La Guerre des mondes
“ Plus tard, nous nous sentîmes moins en danger d’être découverts, car, pour des yeux éblouis par l’éclat du soleil, notre refuge devait sembler un impénétrable trou de ténèbres; mais tout d’abord, au moindre mouvement d’approche, nous regagnions en hâte la laverie, le cœur battant à tout rompre. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes tragiques
“ Une écume de bruits, de sanglots, de colères, Heurtant, engloutissant par bonds prodigieux Les vieilles nations, leur génie et leurs Dieux, Comme, aux flots débordés par l’antique Déluge, La jeune humanité, moins l’Arche du refuge ”
Gabriel Charmes, Les stations d'hiver de la Méditerranée (1885)
“ C'est alors un grand repos de chercher un refuge dans ce milieu nouveau, composite, sur lequel il faut plisser sans appuyer jamais, mais dont les dehors faciles et brillants amusent et distrayent les regards. ”
Maxime Du Camp,
Revue des Deux Mondes
“ Elles ressemblent à ces huttes de refuge construites dans les Alpes, en marge des routes encombrées de neige, où le voyageur harassé peut s’abriter pendant la tourmente, dormir sans redouter l’avalanche et reprendre vigueur avant de tenter de nouveau les hasards du chemin périlleux qui va parfois vers le but entrevu et souvent à l’abîme. ”
Antoine Jacquemoud, Le Comte Vert de Savoie, poëme héroïque… (1844)
“ Tu t'es construit d'avance en la sainte vallée, Pour y placer ton cœur, une tour crénelée, Qui ne soit pas semblable aux tours sans fondement, Dont la solidité chaque jour se dément; Ah ! si dans l'avenir, comme j'ai fait moi-même, Ton cœur s'est réservé ce refuge suprême, Ton rêve alors jamais ne sera confondu ! ”
Harriet Beecher Stowe,
La Case de l’oncle Tom
(1852)
“ En peut-il être autrement sous un état de choses qui lance les familles dans toutes les directions, comme un vent d’orage disperse les feuilles d’automne ? Semblable aux rives éternelles, ce pays de refuge réunit souvent, dans une commune allégresse, ceux qui, durant de longues années, se sont pleurés l’un l’autre, se croyant à jamais perdus. ”
Léon de Milloué, Le Bouddhisme dans le monde, origine… (1893)
“ « Désormais soyez votre propre lumière, voire refuge ; no cherchez pas d'autre refuge? — Tenez d'une main ferme la vérité comme votre lampe. — Attachez-vous à la vérité comme votre refuge. — Ne cherchez refuge qu'on vous-même 1 ». ”
J.-H. Rosny aîné,
La Femme disparue
(1926)
“ Ce dur pays de refuge, de guerre religieuse, de sabbat, avait ses cavernes et ses couloirs, vastes, parfois compliqués par l’industrie humaine. La tactique des fugitifs se décelait : ils avaient imaginé une diversion, afin de retarder la poursuite : ainsi celui dont la fuite importait le plus atteindrait le refuge. ”
Benedicto Costa, Le roman au Brésil (1918)
“ J'allais partout, quelle que fût la race, le culte ou la langue. Sous le soleil ou sous la neige, chez les civilisés et les barbares, sur les îles et les continents, partout où l'homme respira, j'ai respiré. Jamais plus je ne travaillai. Le travail est un refuge. ”
Alphonse de Lamartine,
Souvenirs et portraits. Tome 1
(1871-1872)
“ Fuis ! c'est le Dieu sans refuge Qui sécha l'eau du déluge, Qui refoula le Jourdain ; Qui, pour ouvrir une route A son peuple ingrat qui doute, Prit la mer, et la tint toute Un jour au creux de sa main ! ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ Les portes de la ville sont encombrées d’une foule empressée de se dérober au souffle empoisonné. Les gens du peuple campent sous des tentes... lien est qui vont chercher un refuge sur le sommet des collines ou dans le fond des cavernes. ”
Denis Jourdanet,
Les altitudes de l'Amérique tropicale comparées au niveau des mers au point de vue de la…
(1861)
“ C'est alors que l'habitant de ces régions, ennemi de toute contrainte, s'abandonne aux aises du domicile, cherchant dans le déshabillé sans façon un refuge contre les ardeurs qui embrasent l'atmosphère. ”
Gustave Gilles, La Nouvelle Jeanne, par Gustave Gilles (1866)
“ Comme on le pressent, nos mystérieux chevaliers écartaient les buissons, se glissaient sous les voûtes, suivaient le terrier et débouchaient dans l'antre qui, à défaut de carnassiers, servait de refuge aux hommes. Peut-être ce refuge était-il plus redoutable que le gîte des lions... L'homme n'a ni défenses, ni griffes, ni carapace, ni fourrure, mais il a des mains et une intelligence.... Nu et petit, le vermisseau fait peur. C'est le moment d'entrer dans la caverne, car le bois est désert, ce qui fait supposer que tous les convoqués sont à leur poste. ”
Joris-Karl Huysmans,
À rebours
“ comme un raz de marée, les vagues de la médiocrité humaine montent jusqu’au ciel et elles vont engloutir le refuge dont j’ouvre, malgré moi, les digues. ”
Ferdinand de Gramont,
Poésies de Pétrarque. Traduction complète par le comte F. L. de Gramont…
(1842)
“ Combien de fois vers mon doux refuge, pour fuir le monde, et moi-même s'il se peut, je m'en vais baignant des larmes de mes yeux et l'herbe et ma poitrine, et brisant de mes soupirs l'air qui m'environne ”
“ Quant aux villes que vous donnerez, vous aurez six villes de refuge. 14. Vous donnerez trois villes au-delà du Jourdain, et vous donnerez trois villes dans le pays de Chanaan ; elles seront villes de refuge. 15. Ces six villes serviront de refuge pour les enfants d’Israël, pour l’étranger et pour celui qui demeure au milieu de vous, afin que tout homme qui aura tué quelqu’un par mégarde puisse s’y retirer. 16. S’il l’a frappé avec un instrument de fer, et que la mort s’ensuive, c’est un meurtrier : le meurtrier sera puni de mort. ”
Caturbhuja Miśra, Théologie hindoue. Le "Prem Sagar"… (1893)
“ Vous êtes notre refuge; comment supporter une telle calamité. Les nuages n'ont point donné de pluie, et nous sommes en proie à la famine. Pourquoi la destinée a-t-elle pour nous de pareilles rigueurs? ”
Louise Ackermann,
Poésies. Premières poésies. Poésies philosophiques
(1877)
“ LE DÉLUGE. A VICTOR HUGO. LE VIEUX MONDE. Dieu l'a dit : ne va pas plus loin, ô flot amer ! Mais quoi! tu m'engloutis! au secours, Dieu! la mer Désobéit! la mer envahit mon refuge ! LE FLOT. Tu me crois la marée et je suis le déluge. ÉPILOGUE DE l'Année terrible . Tu l'as dit : C'en est fait; ni fuite ni refuge Devant l'assaut prochain et furibond des flots. Ils avancent toujours. C'est sur ce mot, Déluge, Poëte de malheur, que ton livre s'est clos. Mais comment osa-t-il échapper à ta bouche ? Ah! pour le prononcer, même au dernier moment, 9. 154 POÉSIES PHILOSOPHIQUES. Il fallait ton audace et ton ardeur farouche, ”
Albin Mazel, La première marquise de Ganges… (1885)
“ Elle est le refuge assuré des malheureux, la source de toute vraie force, de toute espérance. Nous aimons à contempler ses saints et salutaires effets dans cette victime dont nous allons raconter la vie et la mort cruelle. ”
Walter Scott,
Les Chroniques de la Canongate
“ Dans ces forêts sauvages, qui nourrissaient jadis des milliers de braves, il reste encore quelque subsistance et quelque refuge pour une vieille femme et un vaillant jeune homme issu de la race ancienne et fidèle aux mœurs de ses pères. ”
Maurice Brillant, Le plus bel amour (1938)
“ LE REFUGE <> L'homme le plus méprisé, ou tombé le plus bas, le plus honni et de tous abandonné, il a un refuge, il a sa mère... La mère qui ne voit en lui que son enfant, le joli bébé qu'elle a formé douloureusement, le petit garçon aux yeux clairs qu'elle a patiemment modelé ”
Charles Barthélemy, Erreurs et mensonges historiques… (1877)
“ Transportons-nous maintenant pendant l'hiver au refuge des misérables, à Playhouse-Yard, et nous y trouverons une grande foule de pauvres sans abri, réunis autour de l'asile, à la tombée de la nuit, en attendant qu'on ouvre les portes. ”
Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Ô désastres ! ô chute ! où sera le refuge Si l'eau fait un tel gouffre et l'homme un tel déluge ? Jadis le sort frappa Rome et s'interrompit, La laissant respirer ; mais pour nous nul répit. LE POËTE Deux supplices. Le Nord, le Sud. L'un après l'autre. LE CHŒUR Hier nous avions sur nous la bête qui se vautre Cyniquement, au gré des rois épanouis, La guerre, et des troupeaux de canons inouïs Nous jetant l'aboiement de l'abîme ”
“ Mais ces pauvres gens, chassés du logis où ils sont nés, où ils ont vécu, où ils espéraient mourir, peut-être voudraient-ils y revenir, en forcer les portes, y chercher un refuge qu’ils ne sauraient trouver autre part ?... ”
Jean-Baptiste Étienne Pascal, Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or) avant et après l'ère chrétienne… (1858)
“ Il est pour toute la contrée un lieu de refuge assuré pour les maTades, les infirmes, les orphelines, les voyageurs, les pèlerins, les invalides de l'agriculture, les affligés pauvres de la localité. ”
J.-M.-S. Daurignac, Histoire de saint J.-F. de Régis… (1862)
“ C'est vouloir l'impossible, lui disaient-elles ; car si vous parvenez à établir cette maison de refuge, vous ne pouvez espérer qu'elle se soutiendra, et tout ce que vous aurez élevé à si grands frais, s'écroulera et tombera bientôt en ruines. ”
“ Soyez le refuge des routes mauvaises, le tendre accueil offert aux voyageurs, la lampe hospitalière toujours allumée, aperçue de loin et qui sauve dans l'orage... ”
J.-H. Rosny aîné,
La Guerre du feu
“ il était l’émanation de la race, la puissance humaine devant le mystère cruel de l’Univers, le refuge qui les abriterait, tandis qu’ils lanceraient le harpon ou abattraient la hache. Et parfois, lorsqu’il marchait devant eux, dans l’ivresse du matin, joyeux de sa stature et de sa grande poitrine, ils frémissaient d’une exaltation farouche et presque tendre, tout leur instinct épanoui vers le chef, comme le hêtre vers la lumière. ”
Fernand Pignatel, L'Offertoire (1921)
“ Battue, écornée, rongée, écrasée sous une pluie de fer, c'est le refuge momentané avant l'élan, parmi des débris de toutes sortes, des sacs à terre éventrés, des rondins mâchés par les éclats, des fils de fer que l'ouragan jeta là dans sa rage. ”
Gaston Deschamps,
Revue des Deux Mondes
“ A l’abri d’une maison de bois, solidement, élégamment montée, et qui fait songer à ces refuges où, sur les côtes battues par la tempête, on recueille les naufragés, il se repose, il se ressaisit, il se prépare aux jours meilleurs, il compte sur les saisons prochaines, réparatrices du passé... ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo
“ Et l’humble chaume, et l’antre obstrué d’herbe verte, Et qui semble une bouche avec terreur ouverte, Les eaux, les prés, les monts, les refuges charmants, Et les grands horizons pleins de rayonnements ! Maître ! puisque voici la saison des pervenches, Si tu veux, chaque nuit, en écartant les branches, Sans éveiller d’échos à nos pas hasardeux, Nous irons tous les trois, c’est-à-dire tous deux, Dans ce vallon sauvage, et de la solitude, Rêveurs, nous surprendrons la secrète attitude. ”
Jules Verne,
Les Cinq Cents Millions de la Bégum
(1879)
“ Que les femmes et les enfants cherchent donc un abri au fond des caves qui présentent quelques garanties de solidité , ou qu' ils sortent de la ville à l' instant pour chercher un refuge dans la montagne ! ”
Ludovic Hébert Beauvoir, Voyage autour du monde : Australie (1875)
“ Un frisson fiévreux nous secoue sous nos misérables vêtements de toile, et nous hésitons longtemps où chercher un refuge, pris entre le feu de la terre qui, par influence, s'agite plus violemment sous nos pieds au fond de l'abîme, et le feu du ciel qui. ”
Louis Bandy de Nalèche, Les maçons de la Creuse (1859)
“ Qu' on établisse dans l' une de ces deux villes quelque vaste maison de refuge où l' ouvrier malade , estropié , sans ressources , puisse trouver des soins pour ses souffrances , un abri pour ses cheveux blancs . ”
Eugène Millet,
Promenades au musée de Saint-Germain
(1869)
“ A cela on a répondu que les animaux émigrés ont bien pu fuir devant l'homme, et que si maintenant on ne les trouve plus que sur les montagnes et dans les régions polaires, c'est qu'ils sont allés chercher un refuge sur les points les moins fréquentés et les moins accessibles. ”
Georges-Bonaventure Battur, De l'Indépendance et des rapports nécessaires de l'Église… (1844)
“ Ce sont des leviers pour triompher des obstacles, des refuges pour échapper plus sûrement aux dangers du monde, des abris contre les passions ou les extrêmes douleurs, des voies choisies et embrassées pour arriver au salut. ”
“ Elle a bien l’immensité de Dieu pour refuge ; mais, faible et bornée qu’elle est, elle se perd au sein de cette immensité et s’y sent absorbée, dévorée, anéantie, comme un atome dans le foyer des astres. Quelquefois cette absorption est enivrante, délicieuse, sublime ; il est, dans la prière et dans la contemplation, des ravissements inouïs et dont nulle joie terrestre ne peut donner l’idée. ”
“ Il entra dans les églises, refuge naturel de tout ce qui pleure, de tout ce qui souffre. ”
Aubin-Louis Millin, Voyage en Savoie, en Piémont, a Nice… (1816)
“ Le voyageur, surpris par la tourmente, qui craint d'être précipité par le vent, enseveli sous la neige ammoncelée, écrasé par les rochers et les avalanches, trouve trente maisons de refuge qui, placées à des distances égales, lui assurent un asyle, du bois pour se réchauffer, et au moins quelques grossiers ali- mens. ”
Henry Bordeaux,
Revue des Deux Mondes
“ Le fort, sur son plateau, joue le rôle de ces refuges de montagne où les caravanes per- dues viennent s’abriter contre la tempête. C’est le havre de salut : celui qui parvient à franchir la zone dangereuse respirera à l’aise sous l’arc des voûtes. ”
Pierre-Édouard Puyol, Vie du serviteur de Marie, L.-E. Cestac… (1878)
“ « Les maisons de refuge ouvertes aux filles repenties « sont-elles utiles ? a « Et après quelques observations qui sembleraient indiquer des doutes, vous répondez cependant : « Oui, les « maisons de refuge peuvent être utiles. » ”
Raoul de Navery,
Les Religieuses, par Raoul de Navery…
(1864)
“ Voyageurs sans patrie, et menacés sans cesse De perdre le bonheur, l'espoir ou la richesse, Campés sous une tente, en un désert nouveau, Et criant comme Agar pour avoir un peu d'eau, Si nous voulons marcher longtemps prenons haleine, Dans les sentiers fleuris, sous les bois dans la plaine, Déposons le bâton, la gourde, — et, pèlerins, Buvons l'eau du torrent dans le creux de nos mains. Alors d'un pas léger, le coeur libre de doute, Avec plus de vigueur, nous suivons notre route. ”
Jean-François Pellet, Le barde des Vosges . Recueil de poésies… (1828)
“ Atteignons, gravissons cette roche sauvage, Prêtons l'oreille au bruit de ces torrents, Et, les yeux sur l'abyme errants, Endormons s'il se peut d'un indigne esclavage Les souvenirs trop déchirants ! Eh quoi! mon désespoir augmente! Les torrents, le désert, tout accroît mes douleurs, Et, comme le roseau jouet de la tourmente, Dans mon sein l'orage fermente, Et mes yeux se gonflent de pleurs ! Quel lieu chercher dans la nature? Où rencontrer la paix? quel remède à mes maux? Hélas! j'ai visité le calme des hameaux, Et la paix des hameaux a doublé ma torture. ”
Comtesse de Ségur,
La Bible d’une grand’mère
“ Mais, avant de nous éloigner, bâtissons une tour immense qui s’élève jusqu’au ciel : nous rendrons ainsi notre nom célèbre par toute la terre, et si Dieu envoie encore un déluge, nous aurons un abri pour nous y réfugier. ”
abbé Miot, Fleurs des tranchées et Fleurs des guérets… (1933)
“ Si ledit volatile, isolé, sans parents, Se trouve délaissé, seul à travers le monde Et perdu dans la vie en dangers si féconde, Pourquoi l'abandonner ? Et quel coeur assez dur Pourrait lui refuser un abri chaud et sûr ? D'ailleurs les paysans, reprenant confiance, Reconnaissent bientôt la superbe endurance De ces Coloniaux dont le coeur généreux, Le corps alerte et souple et les bras vigoureux, Se prêtent volontiers aux durs travaux rustiques Et font lever partout des moissons magnifiques. Là-dessus, j'ai tout dit ! Mais vous, les artilleurs, Vous êtes, vous aussi, de rudes travailleurs. ”
